[EDITO] – La Cedeao Signe et persiste, avec l’AES jusqu’à la gare ! 

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DR/ photo montage Burkina Yawana

La Cedeao qui a annoncé, mercredi, reconnaître le retrait des trois pays de l’AES, le Burkina Faso, le Mali et le Niger, a rassuré qu’elle ouvrait une période de transition jusqu’au prochain sommet des chefs d’État. En attendant cette échéance, l’organisation régionale permet aux trois pays de continuer à bénéficier des avantages au sein de la communauté notamment la libre circulation des biens et des personnes et la poursuite des échanges économiques.

Une séparation en douceur, pourrait-on dire. Si l’AES a célébré ce mardi dans toutes ses différentes capitales l’an 1 du retrait de l’organisation régionale, la Cedeao elle, continue de tendre la main aux trois pays. Au football, on dira qu’il s’agit d’un « contrepied parfait ». En effet, lors de son dernier sommet ordinaire à Abuja au Nigeria le 15 décembre 2024, la Cedeao indiquait accorder une période de grâce de six mois aux trois partants et au passage, prenait acte du divorce ! 

On sait aussi que l’organisation régionale après ce sommet a entamé des démarches auprès des différents pays de la nouvelle alliance – montée pour défendre des intérêts vitaux et communs à l’espace – pour discuter des modalités de la séparation de cette idylle qui aura duré cinq décennies. 

L’approche de la Cedeao a-t-elle accouché d’une souris? En tout cas, les États de l’AES, au lieu de répondre individuellement, ont voulu accorder les violons pour parler d’une même voix. C’est d’ailleurs le plat de résistance du conclave des ministres des affaires étrangères des trois États le week-end dernier à Ouagadougou. Il faut se rappeler qu’au sortir de la réunion, le communiqué final sanctionnant les travaux, précisait que l’alliance est maintenant prête à engager enfin les négociations avec la Cedeao. L’AES a eu une « convergence de vues sur l’approche globale des futures négociations avec la Cedeao dans l’intérêt supérieur des populations », pouvait-on lire au passage dans le document. 

La Cedeao en ouvrant à partir de ce 29 janvier 2025 cette période transitoire et ce, jusqu’au prochain sommet des chefs d’État de l’organisation prévu au deuxième semestre de l’année en cours, tend une fois de plus la main à sa désormais nouvelle organisation soeur qu’il faudra appeler l’AES. Mieux, la Cedeao évite d’ailleurs de parler de rupture ou encore de séparation. Elle évoque plutôt les « modalités complètes de [ses] relations futures avec les trois pays ».

C’est d’ailleurs pour réussir cette mission qu’elle a mis en place une structure pour « faciliter les discussions sur ces modalités avec chacun des trois pays ». Comme pour dire même si vous ne faites plus partie de notre organisation, nous sommes disposés à travailler avec vous.

La Cedeao dit effectivement qu’elle veut éviter « toute confusion et toutes perturbations dans la vie et les affaires [des] populations pendant cette période de transition ». 

Même si toutes les portes de discussion sont quasi-fermées, la Cedeao dans son approche et dans son attitude a pris le soin de laisser une fenêtre ouverte. Une affaire de je ne t’aime pas, moi non plus ! Un amour qui conduira jusqu’à la gare, pour reprendre les paroles de la chanteuse camerounaise. 

Une certitude cependant. Une nouvelle ère s’ouvre et une recomposition géopolitique en Afrique de l’Ouest s’impose !


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