L’information est révélée par Issa Tchiroma Bakary, plusieurs fois ministre de Paul Biya et qui a démissionné le 25 juin 2025. L’ex proche de Paul Biya annonce de facto sa candidature à la présidentielle.
Issa Tchiroma Bakary, 78 ans, a été respectivement ministre des Transports, ministre de la Communication et dernièrement ministre de l’Emploi. Il totalise près d’une vingtaine d’années dans le gouvernement. Ce désormais ex-allié de Paul Biya a démissionné le 25 juin dernier et a annoncé sa candidature à la prochaine présidentielle. Pour lui, le Président Biya ne maîtrise plus rien. Il dirige le Cameroun par procuration. Depuis 14 ans, le chef de l’Etat camerounais n’a pas organisé de Conseil des ministres. Des ministres décédés du gouvernement depuis, n’ont pas été remplacés, dénonce Issa Tchiroma.
« On s’aperçoit par exemple que durant les quatorze dernières années, le chef de l’État qui préside aux destinées de notre nation, qui veille à ce que toutes les institutions se déroulent normalement n’a pas organisé un seul conseil des ministres », a-t-il déclaré dans une interview accordée à Brut Afrique.
La deuxième observation, poursuit-il, « le Président de la république nous donne l’impression d’être distant, c’est à croire que le pouvoir a cessé de lui procurer le plaisir, l’honneur de présider aux destinées de notre nation ».
« Par exemple, aujourd’hui au niveau du gouvernement, il y a quatre ministres qui sont décédés et qui n’ont pas été remplacés », ajoute-t-il.
« Nous observons également qu’il y a ce journaliste qui a été assassiné, victime d’une conspiration. Assassiné de manière brutale, sauvage. Cela a suscité l’émoi de la nation en particulier, du monde en général et jusqu’à présent, il n’y a pas eu de suites. Les populations s’interrogent. Nous qui étions ses collaborateurs, qu’est-ce qui justifie, qu’est-ce qui explique cette distance vis-à-vis du pouvoir? », s’est interrogé Issa Tchiroma Bakary.
Il explique que le chef de l’État camerounais donne l’impression d’être autiste notamment sur son rapport avec le gouvernement. Issa Tchiroma indique qu’il existe plusieurs symptômes qui convergent vers ce qu’on peut appeler le syndrome de fin de règne. Le gouvernement de la république a cessé, pour lui, d’être un instrument au service de la république. Le gouvernement est aujourd’hui un instrument au service des puissances occultes, déplore-t-il.
« Ce pouvoir relevant de la souveraineté du peuple, se trouve donc être accaparé par deux groupes qui se battent pour le triomphe de leurs intérêts mais surtout qui se battent dans la perspective du changement du chef de l’État à la tête de la nation », dit-il.
Un chef d’Etat quasi inexistant
« J’avais pris la décision de l’accompagner jusqu’à la fin de sa carrière. Malheureusement, il se trouve que le chef de l’État est inaccessible, il est invisible. Aujourd’hui, ne sachant à quel saint se vouer, compte tenu de l’impossibilité d’être en contact avec lui pour discuter et partager avec lui, je me suis trouvé dans la nécessité dans l’obligation de retirer mon engagement que je lui avais fait pour l’accompagner jusqu’à la fin de sa carrière », a déclaré l’ex allié de Biya.
Il précise que cette décision ne procède pas du hasard mais plutôt d’une très longue observation des rapports du chef de l’État avec la gouvernance, avec le gouvernement, avec les institutions de la république de manière générale.
« Le pouvoir qu’il exerce aujourd’hui, il l’exerce par procuration. Et le fait, après 43 ans, qu’il n’ait pas eu la possibilité de désigner quelqu’un qui puisse lui succéder si tel était la volonté du peuple camerounais, donne l’impression effectivement que le pouvoir était sa propriété », explique l’opposant.
« C’est pour ça que nous disons non, le pouvoir est la propriété du peuple et c’est le peuple qui conformément aux dispositions constitutionnelles procédait donc à l’élection de nouveau président. C’est donc pour cette raison que j’ai décidé de démissionner du gouvernement », a indiqué Issa Tchiroma Bakary.

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