En acceptant le poste de Premier Ministre, Ousmane Sonko avait déjà créé les conditions d’une dissonance au sommet de l’Etat. C’est ce que pense l’analyste Karim Diallo, administrateur civil et juriste.
Pour lui, le Premier ministre est un exécutant sous l’autorité du Président de la République.
Il aurait été plus stratégique de prendre le poste de Président de l’Assemblée nationale et contrôler l’action du Gouvernement et attendre tranquillement son heure, conseille l’administrateur civil.

Le poste de Premier ministre, selon lui, est très vulnérable et, dit-il, un « fusible qu’on peut sauter à tout moment ».
« Même s’il démissionne, il n’est pas à 100/100 sûr de reprendre son siège de députés », affirme M. Diallo.
Le juriste estime que les trois – (NDLR Président de la république, Président de l’Assemblée nationale et Premier ministre) – doivent parler impérativement pour sauver les meubles.
« Ce fauteuil présidentiel, il n’y a qu’un seul occupant », insiste Karim Diallo et de déplorer: « le problème de l’Afrique c’est la finition. Beau au départ, moche à la fin ».
« On a cru au Sénégal hélas. A quand l’Afrique ? s’interrogeait feu Joseph Ki-Zerbo », indique l’administrateur civil.
Dans un discours au ton très vindicatif, prononcé lors d’une réunion de son parti, le Pastef, jeudi 10 juillet, le Premier ministre Ousmane Sonko s’en est pris à ses adversaires politiques, mais aussi, pour la première fois, au président Bassirou Diomaye Faye.
M. Sonko appelle à ce qu’on le « laisse gouverner » et a dénoncé un manque de marge de manœuvre pour exécuter les réformes promises.
« J’interpelle le président Bassirou Diomaye Faye pour qu’il prenne ses responsabilités, sinon qu’il me laisse faire », avait-il déclaré.

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