L’ancien ministre Abdoul Karim Sango a relevé la cohérence du gouvernement qui a décidé, mercredi 16 juillet 2025, de dissoudre la commission électorale nationale indépendante (CENI). Pour M. Sango, le gouvernement est cohérent « avec le programme de la transition qui n’ambitionne pas d’organiser des élections à moyen terme, du moins pas avant la pacification complète du territoire ».
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Fin de parcours pour la Commission électorale du Burkina Faso, c’est la décision issue du dernier Conseil des ministres. Créée par une loi de 2001, cette institution aura vécu dans sa forme actuelle un peu moins de 25 ans. En optant de dissoudre la Ceni, le gouvernement est cohérent avec le programme de la transition qui n’ambitionne pas d’organiser des élections à moyen terme, du moins pas avant la pacification complète du terriroire. Dans un tel contexte, il est inutile d’entretenir à plusieurs centaines de millions une institution. Sans doute qu’il existe encore d’autres institutions inutiles dans le contexte actuel dont on pourrait se passer.
L’option du gouvernement de la transition est de ramener la gestion des élections au ministère, un peu comme cela se faisait au Burkina Faso sous les Républiques ayant précédé l’actuelle. On pourrait penser que c’est une idée du pouvoir actuel, ce n’est pas tout à fait exact. Ils sont nombreux ces hommes politiques qui en voulaient terriblement à la Ceni et qui souhaitaient un retour à l’ancien système, confier la gestion des élections au ministère en charge de l’intérieur. On revient donc à la case depart. Les Ceni n’ayant pas démontré leur capacité à apporter plus de transparence au jeu électoral dans la plupart des pays francophones. Comme quoi les institutions ne valent que par la qualité des hommes qui les animent.
A l’exception des Ceni des pays anglophones (Ghana, Sierra Leon, Liberia, Nigeria…), dans les pays de tradition francophone, les Ceni n’ont jamais pu etre indépendantes.
Le refus d’en faire des structures animées par des administrateurs électoraux et non par des partisans révèle une volonté de contrôler cette institution stratégique pour la paix sociale. Après la Guinee, c’est autour du Burkina. Paradoxalement, les Sénégalais font le chemin inverse. Au Sénégal, les réformes politiques issues du dernier dialogue politique recommandent plutôt la création d’une structure indépendante en charge des élections.

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