La militante de la société civile Safiatou Lopez/Zongo, Présidente de l’association pour la promotion de la démocratie et la participation citoyenne (APDC) et du Cadre de concertation nationale des organisations de la société civile (CCNOSC) est décédée dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 septembre 2025 à Accra au Ghana, ont confirmé à Burkina Yawana, plusieurs sources proches de la famille.
« Safiatou Lopez était malade et elle est décédée à l’hôpital », a affirmé une source à Burkina Yawana. La même source précise que l’inhumation – selon la volonté de la famille – se fera sur place à Accra.
La militante de la société civile était l’une des figures de l’insurrection populaire ayant chassé en 2014 Blaise Compaoré du pouvoir. Elle s’était aussi opposée au coup d’Etat du général Gilbert Diendéré en 2015.
Safiatou Lopez s’était montrée favorable dès 2016 au pouvoir de Roch Kaboré pour ensuite devenir une des voix critiques dénonçant l’inaction du régime à faire face à la crise sécuritaire.
Fin août 2018, Safiatou Lopez avait été interpellée par la Gendarmerie nationale, pour une supposée tentative d’évasion des détenus de la Maison d’arrêt et de Correction des Armées (MACA) après son audition début septembre pour une « tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat ».
En janvier 2019, après plusieurs mois d’incarcération, elle avait bénéficié d’une liberté provisoire.
En juillet 2020, elle avait été condamnée à un an de prison ferme dans une autre affaire impliquant l’Adjudant-Chef Major Sawadogo Abdoulaye, commandant de la brigade de recherches de Ouagadougou.
Mi-décembre 2019, suite à la publication d’un article dans le journal d’investigation « Courrier confidentiel » faisant cas de l’évasion spectaculaire en février de la même année, d’un gardé à vue au camp Paspanga de Ouagadougou, Safiatou Lopez Zongo s’en était violemment prise à l’Adjudant-Chef Major Abdoulaye Sawadogo, sur sa page Facebook.
L’une de ses dernières activités, en mars 2022, son association, l’association pour la promotion de la démocratie et la participation citoyenne (APDC) avait organisé un panel sur la paix à Ouagadougou sous le thème: « Rôle des leaders politiques, religieux et coutumiers dans la préservation de la paix sociale en Afrique: Cas du Burkina Faso ». Elle plaidait auprès du lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba – alors au pouvoir – la libération de Roch Kaboré, fraîchement renversé par un coup d’État et le retour des exilés politiques. « Je saisis l’opportunité qui m’est offerte pour solliciter des autorités coutumières et religieuses de plaider auprès des nouvelles autorités pour la libération du président Roch Marc Christian Kaboré et favoriser le retour de tous les exilés politiques », avait déclaré Safiatou Lopez.
Les mois suivants, elle s’était exilée. À la chute du lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba et l’avènement du Capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022, Madame Zongo était devenue une des voix critiques du régime. Elle ne manquait pas d’occasion pour dénoncer la gestion du pouvoir sur ses réseaux sociaux.

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