La 7e édition du Festival International Pulaaku s’ouvre cette année sous le signe du dialogue et de la fraternité. Porté par une vision profondément humaniste, l’événement veut repositionner la culture comme levier de paix dans un contexte où les réseaux sociaux, jadis espaces d’échanges, sont devenus parfois des terrains de division. Interview avec le coordonnateur du festival, qui revient sur la philosophie du Pulaaku, les innovations de cette édition et les ambitions portées pour la cohésion nationale.
Burkina Yawana : Pouvez-vous nous présenter brièvement le Festival International Pulaaku et ce qui le distingue des autres rendez-vous culturels ?
Bouraima Barry : Il faut dire que le Festival International Pulaaku, c’est avant tout un cadre de dialogue interculturel. Un cadre qui œuvre à promouvoir la cohésion sociale, le vivre-ensemble et surtout nos valeurs positives. Ces valeurs sont des éléments essentiels pour remettre l’homme dans le sens de son humanisme, d’où la signification même du Pulaaku.
Expliquez-nous le mot Pulaaku?
Le mot Pulaaku est un concept de vie qui replace l’homme au centre de son humanisme. Quand on parle de l’homme au sens de son humanisme, cela renvoie à des valeurs telles que l’intégrité, l’honnêteté, le courage, l’amour, la dignité et l’abnégation. Lorsqu’on réunit toutes ces valeurs, on obtient un être complet, équilibré, capable d’avancer dans un monde en quête de paix. Et c’est justement cela, l’esprit du Pulaaku.
Le thème retenu cette année est : « Lutte pour l’apaisement verbal sur les réseaux sociaux, une piste de consolidation de la cohésion sociale ». Pourquoi ce choix ?
Nous nous sommes rendu compte qu’aujourd’hui, le monde entier vit sur les réseaux sociaux. Or, ce qui devait être au départ un lien de fraternité est devenu un espace de violence verbale. Ces violences engendrent beaucoup de maux dans notre vivre-ensemble. Il faut donc s’attaquer à la source, sensibiliser et promouvoir des messages apaisants.
Comme le dit si bien l’UNESCO, « les guerres prenant naissance dans les esprits des hommes, c’est dans les esprits des hommes qu’il faut ériger les défenses de la paix ». Nous voulons donc que les réseaux sociaux redeviennent des lieux d’harmonie, de dialogue et de construction.
Quelles sont les activités prévues au cours du festival ?
Le vendredi 31 octobre, nous ouvrons avec une formation. Nous ne faisons pas un festival pour un festival ; il doit apporter un plus. Nous avons pensé à la jeunesse, à ceux qui veulent renforcer leurs capacités.
Cette année, nous abordons notamment l’intelligence artificielle, un outil devenu indispensable dans le monde du travail, du business et de l’apprentissage. Ce sera une formation gratuite pour apprendre à construire un projet, à améliorer son CV, à développer sa communication et son business. La rue marchande démarre le même jour avec plusieurs stands. Le samedi 1er novembre, place à la cérémonie officielle d’ouverture, suivie de la visite des stands, puis de la grande soirée Pulaaku à l’espace aéré du CENASA. Enfin, le dimanche, se tiendra la cérémonie de clôture et la remise des attestations. Il faut noter la participation d’au moins douze pays et d’une trentaine de représentants étrangers une fierté pour le Burkina.
Quelles sont les innovations majeures de cette 7e édition ?
La grande innovation, c’est la reconnaissance et la récompense rendues à certaines personnalités qui ont marqué le paysage médiatique burkinabè dans les années 1980. Nous savons que la langue est le premier véhicule de la culture. Or, ces femmes et ces hommes ont valorisé nos langues à travers la radio et la télévision, et il était important pour nous de leur rendre hommage.
Comment participer au festival ?
L’entrée est libre. La formation et la rue marchande sont gratuites. Seule la soirée culturelle est payante, car elle nécessite une organisation particulière. Les tickets VIP coûtent 5 000 F CFA et les places simples 2 000 F CFA.
Lors de cette soirée, nous mettrons également en valeur notre art capillaire traditionnel à travers un concours, car nos tresses et styles d’antan portaient une signification forte dans nos sociétés. Il faut les revaloriser.
Le Burkina traverse une période sensible. Comment, selon vous, le Festival Pulaaku peut-il contribuer à la paix et au vivre-ensemble ?
La culture reste un pont qui unit les peuples. À travers un cadre comme le Festival International Pulaaku, les gens apprennent à échanger, à s’écouter et à connaître d’autres cultures. Connaître l’autre, c’est briser les préjugés et bâtir la confiance. La meilleure façon de construire la paix, c’est d’emprunter le chemin de la culture, car la diversité de nos expressions culturelles unit les peuples. Comme j’aime le dire : les FDS gagnent la guerre, mais c’est la culture qui gagne la paix.
Quel message souhaitez-vous adresser à l’endroit des burkinabè et des amoureux de la culture pour cette édition 2025 ?
J’invite tous les Burkinabè à venir vivre le Pulaaku. Ce festival n’est pas réservé à une ethnie. C’est un espace d’union, de dialogue et de valorisation de notre diversité culturelle. Ensemble, célébrons ce que nous avons de plus beau : notre culture.
Votre mot de fin?
Nous disons merci à tous les hommes et femmes de médias. La culture seule ne peut pas porter la paix : elle a besoin des médias pour diffuser son message. Merci à nos partenaires et à nos autorités pour leur accompagnement constant. C’est grâce à eux que nous avançons et que le « Pulaaku » rayonne d’année en année.

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