La Direction Générale des Transports Terrestres et Maritimes (DGTTM) a lancé une vaste opération de contrôle des plaques d’immatriculation et des cartes grises à Ouagadougou, avant de l’étendre à l’ensemble du territoire national. Cette mission vise à assainir le secteur, à garantir la conformité technique des plaques et à mettre un terme à la circulation de plaques défectueuses.
Selon Vincent Tougri, Directeur général de la DGTTM, le contrôle repose sur l’application stricte de l’arrêté ministériel du 08 juin 2017 qui impose des normes précises d’immatriculation pour les engins à deux, trois et quatre roues. « Nous sommes sur le terrain pour un contrôle réglementaire. Le contrôle de ce matin vise à vérifier la conformité des plaques et des cartes grises », a-t-il expliqué.
Des concessions réglementées mais encore défaillantes
Initialement confiée à l’État, la conception des plaques d’immatriculation est aujourd’hui assurée par des concessionnaires sélectionnés sur appel d’offres. Sur les 20 concessionnaires agréés, trois ont déjà été sanctionnés pour manquements, quand 17 restent opérationnels.
La DGTTM et la Cellule de contrôle des plaques, en collaboration avec le concessionnaire de sécurisation Supernet Technologie Holding (STH), ont relevé plusieurs irrégularités :
défauts de qualité physique des plaques,
non-respect des caractéristiques techniques,
problèmes de pose physique et électronique,
hologrammes et identifiants non conformes.
Ces manquements persistent malgré les interpellations, avertissements et réparations exigées auprès des concessionnaires incriminés. Certains défauts sont désormais visibles à l’œil nu sur les véhicules en circulation.
Un dispositif technologique pour identifier les fabricants
Les équipes de contrôle utilisent un appareil baptisé TDA, contenant l’ensemble des immatriculations enregistrées au Burkina Faso. Il permet, via un scan du QR code ou la saisie du numéro d’immatriculation, d’afficher les informations du propriétaire pour les comparer à la carte grise.
Chaque plaque flachée indique automatiquement le fabricant, facilitant ainsi les vérifications et la traçabilité. En cas d’irrégularité, un comité convoque le concessionnaire concerné afin qu’il procède gratuitement aux réparations, les plaques étant garanties 10 ans.
Le Directeur général précise toutefois que les usagers ne seront pas sanctionnés, sauf s’ils ont eux-mêmes fabriqué une plaque hors du circuit officiel.

Objectif : éliminer les plaques de mauvaise qualité
La DGTTM a défini un objectif global : mettre fin à la circulation des plaques non conformes et renforcer la sécurisation des documents de transport.
Les objectifs spécifiques incluent: le contrôle de la qualité et de l’authenticité des cartes grises, plaques d’immatriculation et hologrammes ;
le recensement des plaques de bonne et de mauvaise qualité selon le concessionnaire et le fournisseur ;
la formulation de sanctions appropriées ;
des recommandations destinées à réduire durablement les irrégularités.
À l’issue de la mission, les autorités s’attendent à : une vérification complète de la qualité des plaques et cartes grises ; un classement détaillé des plaques conformes et non conformes par concessionnaire ; des sanctions proportionnées contre les acteurs fautifs ;
des recommandations concrètes pour sécuriser davantage la chaîne de fabrication.

Les opérations se dérouleront durant les mois de novembre et décembre 2025 dans toutes les régions du Burkina Faso. La DGTTM entend, à travers cette initiative, restaurer la confiance des usagers, sécuriser les documents officiels et garantir une meilleure traçabilité des engins circulant sur le territoire.
André Yaméogo, stagiaire

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