Le Barreau burkinabè – dans un communiqué samedi 29 novembre 2025 – affirme « regretter » du procureur du Faso près le tribunal de grande instance Ouaga 1 Blaise Bazié lors de sa conférence de presse le 28 novembre 2025.
Le procureur du Faso était face à la presse pour annoncer l’ouverture prochaine de la seconde partie du dossier Tiegnan. Lors de la conférence, le Barreau dit avoir appris avec « profonde surprise que le Procureur ait pu non seulement penser mais surtout affirmer que: comme dans toute procédure où il y a des avocats, il faut s’attendre à ce qu’ils mettent tout en œuvre pour bloquer la procédure».
« Pour regrettables, ces propos le sont ce d’autant plus qu’ils sonnent malheureusement comme une généralisation et une stigmatisation de l’action des avocats.
Ils sont aussi injustes que contraires à l’éthique et à la déontologie qui régissent notre profession. Ils sont même loin de refléter la réalité de la mission de l’avocat, un des acteurs principaux de la justice », peut-on lire dans le communiqué signé par Me Batibié Benao, le bâtonnier.
Il explique que les « avocats défendent sans concession, dans le strict respect de la loi, les droits et les intérêts de celles et ceux qui leur font l’honneur de solliciter leur aide.
Leur mission, au moins aussi noble que celle de poursuivre et de juger, contribue à l’équilibre des institutions: les avocats agissent dans l’intérêt de la justice, et non pour entraver son cours ».
Le Barreau indique ne pas pouvoir « laisser survivre et se propager cette caricature sur notre profession surtout dans un contexte où la bonne compréhension de la mission des acteurs judiciaires n’est pas toujours la chose la mieux partagée ».
L’ordre des avocats affirme être dans « l’incompréhension qu’il croit entretenir les meilleurs rapports avec tous les parquets dont particulièrement celui de Ouaga 1 qui n’a jamais caché son estime pour la profession et son rôle déterminant dans le rendu de la justice ».
« C’est pourquoi, convaincus que la confiance indispensable entre d’une part les acteurs de la justice et d’autre part, envers les usagers, est le gage et le socle d’une justice comprise, acceptée et respectée, le Barreau fait la présente mise au point, afin que nul n’en nignore, tout en invitant le Procureur à reconsidérer ses propos », écrivent les avocats.
Vendredi 28 novembre, le Procureur du Faso près le Tribunal de Grande Instance Ouaga a fait un point sur l’évolution de l’affaire déclenchée en décembre 2024 de détournement de deniers publics impliquant Amidou Tiegnan Yaké Camille Yé et plusieurs autres agents du ministère de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale.
Il a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire contre Yaké Camille Yé et quatorze autres personnes permettant d’établir des charges suffisantes contre huit d’entre elles, dont l’ex-ministre Laure Zongo/Hien pour des faits de détournement, complicité, enrichissement illicite et blanchiment.
Les poursuites engagées en flagrant délit contre Amidou Tiegnan et trois autres agents avaient abouti à leur condamnation pour usage de faux, détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux. Un jugement confirmé en appel.

Votre commentaire