À l’occasion de son premier anniversaire, le média Burkina Yawana a organisé, le mercredi 17 décembre 2025 à Ouagadougou, une formation au profit des journalistes, axée sur le « journalisme sensible au conflit » et le « journalisme de solutions. »
Une initiative qui s’inscrit dans un contexte national marqué par une crise sécuritaire persistante, la montée de la désinformation et la prolifération des discours de haine.
Dans un environnement aussi fragile, la diffusion d’informations mal contextualisées ou sensationnalistes peut facilement porter atteinte à la cohésion sociale et au vivre-ensemble. Conscient de cette réalité, Burkina Yawana a choisi de marquer son premier anniversaire par une activité à forte portée professionnelle et citoyenne, visant à outiller les journalistes pour une pratique plus responsable et constructive du métier.
Une vision éditoriale tournée vers la responsabilité sociale
Prenant la parole, le directeur de publication de Burkina Yawana a souligné que cette formation traduit la volonté du média de contribuer à l’amélioration de la qualité de l’information au Burkina Faso, particulièrement dans un contexte sécuritaire et sociopolitique délicat. Revenant sur la genèse du média, il a rappelé que Burkina Yawana, lancé il y a un an, s’est donné pour mission de produire une information rigoureuse, crédible et utile, centrée sur les enjeux de gouvernance, de sécurité et de politique, tant au niveau national que sous-régional.

Selon lui, en seulement une année d’existence, le média a su se faire une place dans le paysage médiatique burkinabè, avec plus de 150 000 visiteurs enregistrés sur son site web et plus de 40 000 abonnés sur l’ensemble de ses plateformes numériques. Une performance qui témoigne de la confiance du public et de la pertinence de sa ligne éditoriale.
Le journalisme, un levier de paix et de cohésion sociale
Pour Lamine Traoré, le rôle du journaliste ne se limite pas à la simple transmission de l’information. Il implique également une responsabilité sociale en matière de cohésion sociale, de réconciliation et de consolidation de la paix. C’est dans cette optique qu’a été engagée la collaboration avec le département en charge de la communication, afin de renforcer les capacités des journalistes à produire une information plus équilibrée et constructive, notamment en période de crise.
Face à la propagation rapide de la désinformation et des discours de haine, le directeur de publication a insisté sur le fait que le journalisme sensible au conflit s’impose aujourd’hui comme une véritable exigence professionnelle.
« Une information mal traitée peut exacerber les tensions et fragiliser davantage le climat social, tandis qu’un journalisme éthique et réfléchi peut devenir un puissant levier de paix », a-t-il indiqué, appelant les professionnels des médias à valoriser les initiatives de solidarité, de résilience et de solutions locales.
L’engagement du ministère de la Communication salué
Présent à la cérémonie, le chargé de mission du ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Michel Saba, par ailleurs représentant du ministre Gilbert Ouédraogo, a salué l’initiative de Burkina Yawana. Il a estimé que cette formation intervient à un moment crucial pour le Burkina Faso, confronté à une crise multidimensionnelle qui met à rude épreuve la cohésion sociale et la stabilité nationale.

Selon lui, dans un tel contexte, le rôle du journaliste ne se limite plus à rapporter les faits, mais consiste également à contribuer activement à la construction de la paix et au renforcement du vivre-ensemble. Il a rappelé que le journalisme joue un rôle déterminant dans la formation de l’opinion publique et qu’en période de crise, une information erronée ou sensationnaliste peut attiser les tensions et fragiliser le tissu social.
À l’inverse, a-t-il poursuivi, un journalisme rigoureux, responsable et sensible aux réalités du terrain constitue un rempart contre la désinformation, tout en contribuant à la préservation de l’unité nationale. Le représentant du ministre a, à cet effet, réaffirmé l’engagement de son département à soutenir toutes les initiatives visant à promouvoir l’éthique professionnelle et un journalisme constructif orienté vers les solutions. Il a également salué le travail de Burkina Yawana, qu’il a qualifié de média de référence, malgré sa jeunesse.
Des échanges enrichissants autour du journalisme sensible au conflit et du journalisme de solutions
Au-delà des discours, la formation a été marquée par deux communications majeures. La première, animée par Parfait Silga, journaliste et communicateur ces dernières années, a porté sur la notion de journalisme sensible au conflit, mettant en lumière l’importance de la contextualisation, du choix des mots et de la responsabilité éditoriale dans le traitement de l’information en période de crise.
La seconde communication, animée par le journaliste et formateur Moussa Sawadogo. Elle a été consacrée au « journalisme de solutions. »

Selon lui, ce courant journalistique, né dans les années 2000, invite les journalistes à repenser leurs pratiques professionnelles. « Le journalisme de solutions, ce n’est pas seulement dire que le train arrive toujours en retard, mais aussi reconnaître et analyser les moments où il arrive à l’heure », a-t-il illustré.
Il a expliqué que ce type de journalisme ne se contente pas de décrire les problèmes ou les dysfonctionnements, mais cherche à aller plus loin en identifiant, analysant et évaluant les initiatives et solutions existantes, afin de déterminer leur pertinence et leur durabilité. Pour Moussa Sawadogo, le « journalisme de solutions » est complémentaire au journalisme d’investigation, car tous deux reposent sur la rigueur, la recherche approfondie et l’analyse critique.

Les présentations ont été suivies d’une séance de questions-réponses, permettant aux participants d’approfondir les thématiques abordées et d’échanger sur les défis liés à la pratique d’un journalisme responsable en contexte de crise.
André Yameogo et Abibata kara

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