La Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF) a organisé une conférence de presse, le mardi 27 janvier 2026 à Ouagadougou, pour présenter les produits saisis à l’issue du démantèlement de plusieurs réseaux de contrebande.
Les récentes opérations menées par la CNLF ont permis la saisie de plusieurs produits issus de la contrebande dans la zone de Bittou, dans la région du Nakambé.
Parmi les produits saisis figurent 69 sacs de cyanure de 50 kg, une substance hautement toxique dont l’importation est strictement encadrée.

Selon le coordonnateur national de la CNLF, Dr Mohamadi Compaoré, cette substance a été découverte dans un véhicule de transport, mélangée à des produits alimentaires tels que le sucre et l’huile, pourtant soumis à des contrôles sanitaires rigoureux.
Il a précisé que l’utilisation du cyanure est soumise à des règles strictes afin d’éviter toute exposition dangereuse pour les populations, les animaux et l’environnement.

Les agents ont également intercepté plus de 300 cartons de boissons énergisantes alcoolisées de marque « Voddy Vodka Energy mix », ainsi que des liqueurs en sachet.
Ces produits sont formellement interdits au Burkina Faso par l’arrêté interministériel du 25 octobre 2023 réglementant la production, l’importation, la commercialisation et la distribution des boissons énergisantes, alcoolisées ou non.

À ces saisies s’ajoutent 35 cartons de cigarettes non homologuées, 150 cartons de faux vins estampillés « Châteaux de France », ainsi que des sacs de sucre et des bidons d’huile alimentaire.
Dans la même dynamique, la CNLF a démantelé un réseau de fraude pétrolière impliquant un propriétaire de plusieurs stations-service. Le mis en cause, récidiviste, procédait au mélange de DDO avec du gasoil dans un camion-citerne avant de distribuer ce carburant frelaté dans ses propres stations, au détriment des consommateurs. Le DDO (Distillate Diesel Oil) est un carburant de mauvaise qualité, utilisé surtout pour les machines et les groupes électrogènes.
L’opération a permis la saisie de 4 200 litres de gasoil et de 700 litres de DDO. Le coordonnateur national a indiqué que des mesures conservatoires ont été prises, notamment la fermeture des stations concernées, tandis que les enquêtes se poursuivent afin d’identifier d’éventuels complices.

Selon M. Compaoré, les conséquences de cette fraude sont multiples. Pour les citoyens, l’utilisation de carburant frelaté entraîne des pannes mécaniques graves et des coûts de réparation élevés.
Pour l’État, elle engendre une évasion fiscale importante, privant le Trésor public de ressources essentielles. Pour le marché, elle instaure une concurrence déloyale qui fragilise les opérateurs économiques respectueux des règles.
Les auteurs de ces pratiques s’exposent à de lourdes sanctions, allant de peines d’emprisonnement à la confiscation du matériel, jusqu’à la fermeture administrative définitive des établissements, conformément aux articles 102 et 107 de la loi n°016-2017/AN du 27 avril 2017 portant organisation de la concurrence au Burkina Faso.
Pour conclure, Dr Mohamadi Compaoré a souligné que ces résultats sont le fruit du professionnalisme et de l’engagement des agents de la CNLF, mais également de la collaboration des citoyens. Il a salué le patriotisme de la population, dont les informations contribuent efficacement à la traque des fraudeurs sur l’ensemble du territoire national.
Abibata Kara, Stagiaire

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