À Cotonou, dans l’enceinte feutrée de la caserne de Togbin, des chefs d’état-major du Bénin, de la Côte d’Ivoire et de la France se sont réunis pour parler sécurité, renseignement et coordination militaire.
Officiellement, il s’agit de lutter contre les menaces dans le golfe de Guinée. Officieusement, la répétition de ces rencontres finit par interroger. Car l’histoire nous a appris que les grandes décisions ne s’annoncent jamais frontalement. Elles se préparent, se testent, s’ajustent dans des salles closes, loin des regards.
Pendant que les pays de l’Alliance des États du Sahel affirment leur souveraineté et redéfinissent leurs alliances, d’autres axes se structurent, se renforcent, se coordonnent.
Simple coopération sécuritaire ? Peut-être. Réorganisation stratégique de la sous-région?
Probablement. Préfiguration d’une pression militaire plus large ? La question mérite d’être posée.
Il ne s’agit pas de céder à la paranoïa, mais d’exercer une vigilance lucide.
Parce que les guerres modernes ne commencent pas toujours par des bombes. Elles commencent souvent par des réunions.
Parce que les interventions ne disent pas toujours leur nom.
Elles avancent masquées, sous couvert de stabilité, de coopération, de lutte contre le terrorisme.
Et, parce qu’en Afrique de l’Ouest, chaque mouvement militaire d’envergure a toujours eu des implications politiques profondes.
Alors oui, il y a peut-être anguille sous roche. Et si ce n’est pas le cas, alors la transparence devrait être la règle, pas l’exception. La fumée que l’on voit aujourd’hui ne doit pas devenir le feu que l’on subira demain.
Avis à l’ AES : « Si vis pacem, para bellum. » (Si tu veux la paix, prépare la guerre.)
Célère

Votre commentaire