Depuis Cotonou, le candidat du pouvoir à la présidentielle d’avril 2026, appelle à renouer le dialogue avec le Niger ainsi qu’avec les deux autres pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) notamment le Burkina Faso et le Mali. Romuald Wadagni promet une coopération renforcée avec tous ses voisins et promet une sécurité renforcée aux frontières béninoises.
Le candidat du pouvoir à l’élection présidentielle du 12 avril prochain, a présenté son programme samedi 21 mars 2026. Il a plaidé pour une reprise du dialogue avec les pays de l’AES, en particulier le Niger, avec lequel les relations sont au plus bas depuis le coup d’État de juillet 2023.
Un appel à la collaboration régionale
Romuald Wadagni a fait de la coopération avec les pays voisins l’un des axes de sa campagne. Devant des militants réunis au Palais des congrès de Cotonou, le ministre de l’Économie et des Finances, candidat de la mouvance présidentielle, signala la nécessité de renforcer les liens avec les pays de la sous-région. « Si nous ne collaborons pas davantage avec nos voisins, si nos voisins ne collaborent pas davantage avec nous, nous allons déplacer temporairement le problème, mais le problème reviendra encore vers nous », a-t-il lancé. Sans nommer directement le Niger ou l’AES, il a laissé entendre que son gouvernement, s’il est élu, repartira « vers nos voisins qui peinent à nous faire confiance ». Selon lui, l’insécurité perdurera tant que les enjeux de sécurité, de pauvreté de masse et de jeunesse ne seront pas abordés ensemble.
Les enjeux sécuritaires et institutionnels à prioriser
Romuald Wadagni a détaillé sa vision sur les institutions et la sécurité. Il s’est engagé à être le garant des libertés individuelles et du respect de la démocratie. Sur le plan sécuritaire, le candidat a annoncé plusieurs mesures : le renforcement des équipements des forces de défense, l’opérationnalisation rapide des polices municipales dans les communes frontalières et une coopération renforcée avec les pays voisins. Les communes frontalières, notamment dans le nord du Bénin, sont régulièrement confrontées aux incursions de groupes terroristes.
La menace terroriste s’est étendue ces dernières années, poussant Cotonou à renforcer ses dispositifs de surveillance. Les polices municipales, une fois opérationnelles, devraient permettre une meilleure sécurisation des zones rurales et une présence accrue de l’État aux portes du pays.
Romuald Wadagni a conclu son intervention en rappelant son parcours à la tête du ministère de l’Économie et des Finances, poste qu’il occupe depuis 2016.
Il a souligné que le budget de l’État est passé de 1 000 à plus de 3 000 milliards de francs CFA en dix ans, avec un taux de croissance désormais supérieur à 7 %. « J’ai eu l’honneur de gérer votre argent. Vous avez vu comment je l’ai fait, avec sérieux et rigueur. Si vous me faites confiance, je ferai le travail avec la même énergie. » Les militants repartis avec une brochure détaillant son projet de société auront à convaincre les électeurs. Reste à savoir si les Béninois donneront leur onction à ce technocrate de 49 ans qui, pour la première fois, sort de l’ombre pour se présenter en homme d’État.
Des médiations en cours
Malgré les tensions, des tentatives de médiation ont eu lieu, notamment par l’intermédiaire d’anciens présidents béninois. Les dirigeants traditionnels des deux pays ont également joué un rôle pour tenter d’apaiser les esprits. Mais la crise reste profonde. Le Niger s’est éloigné des alliés traditionnels de la Cedeao, privilégiant désormais l’Alliance des États du Sahel (AES) avec le Burkina Faso et le Mali. Pour le Bénin, la normalisation des relations avec son voisin du nord est une priorité, tant sur le plan sécuritaire qu’économique. Le pétrole nigérien qui transite par Sèmè-Kpodji représente une manne financière non négligeable pour les deux pays. La réouverture de la frontière et la reprise des exportations sont attendues par les acteurs économiques des deux côtés. Romuald Wadagni, s’il est élu, devra s’atteler à ce dossier complexe dès ses premiers mois à la tête de l’État. La coopération avec les pays de l’AES, rompue depuis deux ans et demi, sera l’un des premiers tests de sa capacité à incarner la continuité tout en renouant le dialogue avec des voisins devenus méfiants.
Burkina Yawana avec Linfodrome

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