Le Niger s’inspire du Burkina et crée des VDP

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Le Niger a institué les « Domol Leydi », (Protecteurs de la Patrie), des brigades d’autodéfense composées de volontaires armés pour suppléer les Forces de défense et de sécurité. Avec la création de ces brigades, le Niger se rallie au modèle burkinabè avec l’expérience des Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP).

Le gouvernement nigérien a décidé de renforcer sa stratégie de défense avec des organisations d’autodéfense, les « Domol Leydi » (Protecteurs de la Patrie), des brigades d’autodéfense composées d’engagés volontaires pour suppléer les Forces de défense et de sécurité (FDS) dans la défense de la Patrie.

Le Conseil des ministres de ce vendredi 27 mars 2026, qui s’est tenu sous la présidence du Général d’Armée Abdourahamane Tiani, Chef de l’État, a adopté un projet d’ordonnance instituant des organisations territoriales d’autodéfense dénommées « Domol Leydi ». Selon le texte, il s’agit d’auxiliaires aux FDS, constituées de personnes physiques engagées volontairement pour contribuer à la défense de la Patrie.

Les personnels des DOMOL LEYDI sont choisis parmi les anciens agents soldats ressortissants des terroirs concernés ou parmi les habitants de ces terroirs et sont placés sous l’autorité hiérarchique et opérationnelle du commandant de la Commission de mobilisation de la réserve militaire. Les personnels de ces brigades d’autodéfense DOMOL LEYDI seront dotés d’armements et d’équipements dont la gestion est assurée par l’État tout en bénéficiant des avantages sociaux et pécuniaires. Avec la création de ces brigades, le Niger se rallie donc au modèle burkinabè avec l’expérience des Volontaires de la Patrie (VDP), qui reste toutefois une expérience déjà menée par le pays avec les fameux « comités de vigilance », au temps des rébellions des années 90-2000. Des brigades d’autodéfense qualifiées de « milices » par certains, qui ont recommencé à retrouver leur lettre de noblesse avec l’avènement du CNSP et son ambition d’affirmation de « la souveraineté véritable », et qui peuvent servir de palliatif au bannissement des bases militaires étrangères sur le territoire national.

À l’instar du Burkina Faso, le Niger aura aussi, et pour bientôt, ses VDP (Volontaires de la Patrie), ces supplétifs des Forces de défense et de sécurité (FDS), qui participent à la défense opérationnelle du territoire et plus particulièrement à la lutte contre le terrorisme et toutes les menaces sécuritaires de l’heure auxquelles font face les États de la Confédération des États du Sahel (AES).

En Conseil des ministres ce vendredi, le gouvernement nigérien a adopté le projet d’ordonnance instituant des organisations territoriales d’autodéfense dénommées « Domol Leydi ». Selon le communiqué publié à l’issue du Conseil, le projet d’ordonnance s’inscrit dans le cadre de l’organisation et de la préparation de la mobilisation générale régie par l’ordonnance n° 2025-42 du 26 décembre 2025. Aux termes de cette ordonnance, rappelle le gouvernement, « la mobilisation générale est un ensemble de mesures à prendre afin de garantir avec efficacité et efficience le passage des Forces de défense et de sécurité, des institutions de la République, des autres organismes de l’État, des structures socioprofessionnelles ainsi que toutes les composantes de l’économie nationale, de l’état de paix à l’état de guerre et l’affectation des ressources humaines, matérielles et financières nationales à la défense de la Patrie ».

Selon le texte, c’est en application donc de ces dispositions qu’il est institué par la même ordonnance des organisations territoriales d’autodéfense dénommées « DOMOL LEYDI » « auxiliaires des Forces de défense et de sécurité, constituées de personnes physiques engagées volontairement pour contribuer à la défense de la Patrie ».

Et le texte de préciser que les « DOMOL LEYDI » sont chargées plus précisément de missions de «sensibilisation, de renseignement et d’autodéfense de leurs terroirs respectifs».

Dans le cadre de cette mission, poursuit la même source, les personnels des DOMOL LEYDI sont choisis parmi les anciens agents des FDS ressortissants des terroirs concernés ou parmi les habitants de ces terroirs et sont placés sous l’autorité hiérarchique et opérationnelle du commandant de la Commission de mobilisation de la réserve militaire prévue par l’ordonnance sur la mobilisation générale.

En outre, indique-t-on, l’ordonnance prévoit des dispositions relatives à la gestion administrative des « DOMOL LEYDI » dont les personnels seront dotés « d’armements et d’équipements dont la gestion est assurée par l’État tout en bénéficiant des avantages sociaux et pécuniaires déterminés par voie réglementaire ».

Un nouveau paradigme de défense basé sur une certaine expérience au Niger et au Burkina

Le Niger renoue donc avec une ancienne stratégie mise en œuvre lors des rébellions des années 90-2000 avec la création des milices d’autodéfense, les fameux comités de vigilance à l’image de celui de Tassara (CVT). Malgré leur contribution dans le retour de la paix, les résultats de l’expérience se sont avérés peu concluants, surtout au regard des conséquences constatées par la suite et, depuis, les régimes civils qui se sont succédé de la 5e à la 7e République se sont montrés très peu intéressés par ce modèle qui a été pourtant de nouveau introduit et renforcé au Burkina, depuis l’arrivée du capitaine Ibrahim Traoré à la tête du Faso.

Au Niger, d’ailleurs, depuis l’arrivée du CNSP au pouvoir, on assiste à un retour de ces organisations d’autodéfense, dont la plus connue est actuellement l’UNFP, dans le sillage de la nouvelle stratégie de défense impulsée par les autorités de la Transition.

En dépit des critiques et des inquiétudes sur les risques réels que ce recours aux organisations d’autodéfense, des « milices » pour certains, va susciter au sein de l’opinion, beaucoup d’observateurs plaident pour cette alternative au regard de l’ampleur des menaces auxquelles le Niger fait face, plus particulièrement la persistance des attaques des groupes armés terroristes (GAT) et, depuis peu, ce que le gouvernement qualifie de « tentative de déstabilisation ». Comme l’ont expliqué les autorités, la création de ces brigades s’inscrit parfaitement dans le cadre de la mobilisation et pourrait servir de palliatif à la décision de ne plus recourir aux forces étrangères installées sur le territoire national dans le cadre de la défense de la Patrie.

Mercredi dernier, lors du message à la Nation qu’il a adressé à l’occasion de la commémoration du premier anniversaire du régime de la Refondation, le Chef de l’État s’est félicité de cette « souveraineté véritable » impulsée à la nouvelle stratégie de défense de la Patrie. « Nous avons désormais repris l’initiative sécuritaire et agissons en toute liberté et nos FDS, au niveau national ou dans le cadre confédéral, planifient et conduisent les opérations sur le terrain sans diktat ni injonction et les multiples succès engrangés sont édifiants », a affirmé le Général Tiani avant de se réjouir des résultats de ce nouveau changement de paradigme. « Nous avons réussi à stabiliser la situation sécuritaire. Nos vaillantes FDS ont bien le contrôle de la situation sur le terrain », a dit le Président de la République, qui a toutefois reconnu la persistance « des attaques subies par notre pays ces dernières semaines » et « la guerre informationnelle que nous mènent nos ennemis ».

Burkina Yawana avec ActuNiger


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