L’animateur de Radio France internationale (RFI) dont la l’émission « Couleurs tropicales » a été interrompue ces derniers jours a affirmé qu’il a été « viré » de la station. «On m’a licencié pour mes idées, mais on n’a pas brisé ma dignité», a écrit via ses réseaux sociaux.
L’animateur qui a passé 32 ans sur la chaîne internationale estime que son éviction est liée à ses prises de position défendant les inégalités, le racisme et l’impérialisme de l’Occident.
« Ma dénonciation d’un néolibéralisme, la dénonciation du massacre des Palestiniens, mon opposition à la politique de Netanyahu, ma critique de l’impérialisme occidental, mon rappel des crimes perpétrés contre les peuples autochtones d’Afrique et d’ailleurs. Vu du continent, ça ne nous apparait pas comme subversif, mais de France c’est devenu intolérable pour des décideurs (…) », a-t-il dénoncé dans un entretien accordé au média « Médiatitude ».
M. Siar estime qu’en France, le débat autour de l’Occident hégémonique est permis à tous, sauf aux Noirs et aux Arabes. « Nous devenons de mauvais français. On nous reproche de ne pas être reconnaissants !Mais reconnaissants pour quoi et envers qui ? Si on doit énumérer qui est redevable à qui, le décompte sera en notre faveur », s’indigne l’animateur.
« La liberté d’expression est à géométrie variable en France. Si vous êtes Blanc, pas de problème. Si vous êtes Noir, vous devez rester à votre place. Mon humanisme me l’interdit », explique Claudy Siar.
Victime d’injustice à RFI
La manière de suspendre l’émission fut brutale et les vexations nombreuses, précise Claudy. « On m’a interdit de reprendre l’antenne. La direction a préféré diffuser un mois de rediffusion… de vieilles émissions. La proportion d’indemnités encore plus insultantes. Quand on sait les montants donnés à d’autres. Pour les Noirs, les montants sont inférieurs. J’ai tellement d’histoire à raconter sur les inégalités de traitement au sein de RFI. Si l’émission ne marchait plus, j’aurais compris… mais c’est uniquement parce que je ne suis pas un “afro-docile” et que ma dénonciation des crimes contre l’humanité commis aujourd’hui, dérange », déclare-t-il dans l’interview.
« Je n’aime pas le conflit. Parfois, je préfère perdre que de m’affronter si ça n’en vaut pas l’intérêt. Mais là, il n’est pas question que de moi mais de nous afros en France. On nous méprise depuis trop longtemps. Quand l’un des nôtres accepte l’injustice, il condamne les suivants à subir le même sort. J’ai appris ça durant ma vie. J’ai voulu le gérer de façon discrète en me disant, France média monde (FMM) – NDLR la structure mère de RFI – ne peut pas me licencier après 31 ans de CDD (le seul à faire une quotidienne et à ne pas avoir été intégré en CDI) et me traiter sans véritable considération. Ma demande est pourtant légitime », a affirmé l’animateur.

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