Le Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo veut mettre prochainement au point des implants cochléaires. Une solution exceptionnelle dans le traitement de la surdité. Un projet que souhaite implémenter le service d’Otorhinolaryngologie (ORL) du plus grand centre hospitalier du pays.
Profitant de la traditionnelle montée des couleurs devant le bâtiment de la direction générale ce lundi 6 avril 2026, les responsables du service d’Otorhinolaryngologie de l’hôpital Yalgado Ouédraogo ont manifesté leur volonté de développer des implants cochléaires. « Nous devons être le premier hôpital à développer les implants cochléaires », a déclaré le Professeur Éric Martial Nao, spécialiste ORL, représentant le chef de service ORL précisant que le personnel du service est engagé à faire plus. « (…) non seulement, nous prenons souvent des malades, des cas compliqués qui ne peuvent être pris ailleurs », mais en plus « nous sommes engagés sur la voie d’innovations comme le projet d’implants cochléaires qui nous tient à cœur », a-t-il révélé, rapportent les services de communication de l’hôpital.

Ce service est passé d’une moyenne de 08 consultations par jour dans en 2010 à 40 consultations par jour en 2026, témoignant son dynamisme et son engagement à soulager les patients. « Cet effort résulte du travail de vulgarisation et d’accessibilité aux prestations ORL », souligne l’hôpital qui assure que le « délai de prise en charge des patients tant en consultation qu’au niveau des blocs opératoires a été considérablement raccourci. Cela s’explique par le fait que le personnel est de plus en plus étoffé mais aussi par l’amélioration du plateau technique. »
Quid de l’implant cochléaire?
L’implant cochléaire est la prothèse utilisée lorsque les appareils auditifs ne sont pas assez puissants pour compenser la surdité. Selon la Fondation pour l’audition, l’implant cochléaire permet de réhabiliter les surdités sévères, profondes. En l’absence de contre-indications particulières, il est proposé quand les appareils auditifs conventionnels ne sont plus efficaces, ni à droite, ni à gauche. Cependant, précise la fondation, il n’existe pas de limite d’âge pour être équipé d’un implant cochléaire !
« La cochlée étant à l’origine des atteintes auditives, l’implantation cochléaire consiste à mettre en place, dans la cochlée, un système qui va stimuler électriquement le départ du nerf auditif et ainsi redonner des sensations sonores au porteur de l’implant lui permettant ainsi d’entendre », explique la fondation.
L’implant cochléaire est composé de deux parties :
- d’une partie interne implantée chirurgicalement dans la cochlée et sous le cuir chevelu et qui comprend : un processeur, une antenne et les électrodes ;
- d’une partie externe qui est le processeur vocal captant les sons (en forme de contour d’oreille) relié aux éléments internes afin de transmettre les sons via la bobine d’induction (l’antenne).
Le son est capté par le processeur vocal puis analysé et transformé en un signal électrique. Celui-ci est alors envoyé à l’antenne qui le transmet, par ondes radio, au récepteur interne. Ici, le signal y est décodé et envoyé par impulsions électriques vers les électrodes placés dans la cochlée. En stimulant enfin les fibres nerveuses, les informations sonores sont transportées et relayées jusqu’au cerveau.
La Fondation pour l’audition indique que les personnes qui souhaitent se faire implanter doivent procéder à plusieurs étapes.
Une phase pré-implantation qui dure environ 2 mois et pendant laquelle le patient doit suivre différents examens : IRM, scanner cérébral, examen ORL et bilan orthophonique et les examens préopératoires classiques. Tous vont permettre la réalisation d’un bilan de faisabilité afin d’évaluer si l’implantation et la pose d’un implant cochléaire sont réalisables ou non.
La phase de chirurgie. L’implant cochléaire est mis en place lors d’une opération chirurgicale sous anesthésie générale. Cette opération se réalise de plus en plus en ambulatoire.
Le chirurgien introduit deux éléments :
- le processeur et l’antenne sous la peau et le muscle de la tempe ;
- le porte-électrode dans la cochlée comprenant entre 15 et 20 électrodes selon la marque.
La phase post-implantation qui consiste à réaliser les réglages nécessaires à l’implant et la rééducation auditive.
Le médecin doit régler, pour chaque électrode, les niveaux minimum et maximum de la stimulation électrique pour qu’elle soit efficace et confortable. Les réglages s’échelonnent dans le temps et sont réalisés en collaboration avec l’orthophoniste qui, au cours de la rééducation, évalue les progrès du patient en repérant, par exemple, que les aigus sont trop faiblement perçus pour comprendre les consonnes. La rééducation orthophonique est importante pour permettre au patient de se réapproprier un univers sonore qui n’était plus perçu et à stimuler de nouveau les aires cérébrales auditives chargées de la compréhension. La poursuite ou l’arrêt de la rééducation sont décidés par l’orthophoniste, en concertation avec le patient. Afin d’optimiser les résultats de l’implantation cochléaire, il est également fondamental de recourir à des exercices d’entraînement auditif réguliers et intensifs.
Si l’implant cochléaire est encore méconnu, c’est qu’il s’agit d’une solution exceptionnelle dans le traitement de la surdité. Ce dispositif s’adresse aussi bien aux personnes nées sourdes (également aux enfants) ainsi qu’aux personnes nées entendantes, mais qui ont perdu l’audition.
Dans tous les cas de figure, l’implant cochléaire est destiné à des patients atteints d’une surdité sévère à profonde avec pour objectif de pouvoir leur restituer l’audition.

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