Dans une circulaire datée du 6 juillet 2026, dont Burkina Yawana a obtenu copie ce mercredi 8 juillet, le Secrétaire général du ministère de la Santé, Dr Joël Arthur Kiendrebeogo, rappelle à l’ordre l’ensemble des établissements de santé du pays. Face aux dérives constatées dans la prise en charge des urgences, la directive est claire : la vie humaine doit primer sur la bureaucratie.
Par la rédaction de Burkina Yawana
C’est un secret de polichinelle que le ministère de la Santé a décidé de traiter à bras-le-corps. Trop souvent, des patients en état de détresse médicale se heurtent aux portes closes des services d’urgences au Burkina Faso, sous prétexte de manque de lits, de saturation ou d’absence de « papiers » réglementaires.
Dans un document officiel adressé aux responsables des structures de soins, le Dr Joël Arthur Kiendrebeogo remet les pendules à l’heure : « En toutes circonstances, la protection de la vie humaine doit demeurer notre priorité absolue ».
La fin du « diktat » de la paperasse et des lits pleins
Le constat du Secrétaire général est sans concession. Certains patients sont refoulés ou réorientés sans même avoir bénéficié d’une évaluation clinique préalable. Les motifs invoqués sont multiples, allant de la saturation et l’indisponibilité de lits, à l’absence de fiche de référence formelle ou au non-respect du circuit habituel de soins.
Pour le Dr Kiendrebeogo, cette approche mécanique est inacceptable. Le ministère rappelle avec force que la pyramide sanitaire est un cadre d’organisation des soins et non une finalité en soi. « En présence d’une urgence vitale ou potentiellement vitale, le jugement clinique doit prévaloir sur toute application mécanique ou excessivement rigidifiée des procédures », insiste le communiqué.
Une réorganisation stricte et sans concession
Pour redresser la barre, la note officielle édicte de nouvelles directives majeures d’application immédiate. Désormais, tout patient se présentant aux urgences doit être accueilli avec diligence, respect et sans aucune discrimination. De plus, aucun refoulement ni réorientation ne peut s’opérer sans qu’un professionnel de santé compétent n’ait préalablement évalué le patient pour administrer les premiers soins requis.
Le document insiste également sur le fait que le manque de lits ou la saturation des services ne justifient en aucun cas le refus d’une prise en charge initiale. Les équipes doivent tout mettre en œuvre pour stabiliser le patient avant un éventuel transfert. Ce dernier doit d’ailleurs être rigoureusement préparé et sécurisé en amont avec la structure d’accueil.
Enfin, le Secrétaire général martèle que l’absence de fiche de référence ou le non-respect du circuit habituel ne doit plus bloquer l’accès aux soins, le discernement médical devant toujours l’emporter sur la rigidité administrative.
Vers un suivi rigoureux sur le terrain
Cette sortie vigoureuse du Secrétaire général sonne comme un oukase dans le milieu hospitalier burkinabè. Les responsables de toutes les structures de soins, des CHU aux CMA, sont formellement instruits de veiller à l’application stricte de ces mesures. Le ministère de la Santé vient de donner une base juridique et morale forte aux usagers pour exiger leur droit le plus absolu : celui d’être soigné en urgence.

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