[Interview] – Thaliane, la musicienne engagée pour la fin de la guerre au Burkina

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Réalisée le 20 février 2026 à Ouagadougou, cette interview accordée à Burkina Yawana dévoile une Thaliane engagée et déterminée. À travers son nouveau single  « Sain et Sauf », l’artiste burkinabè prête sa voix à ceux qui défendent la nation, mêlant bénédiction, patriotisme et espoir. Entre engagement citoyen, combat pour la paix et persévérance artistique, elle affirme une conviction forte : la musique peut galvaniser les troupes, rassembler le peuple et accompagner la reconquête de la paix au Burkina Faso.

BY : Burkina Yawana

BY:  Vous venez de sortir un nouveau single. Pouvez-vous nous raconter la genèse de ce titre et le message principal que vous souhaitez transmettre au public ?

Thaliane : Je suis Traoré Ouo Nathalie, artiste musicienne. Ce projet est le fruit d’une longue réflexion. Depuis le début des attaques que traverse notre pays, j’ai ressenti le besoin profond de m’exprimer à travers la musique. Étant hors du pays pendant un moment, la sortie de ce single a aussi marqué pour moi un retour et une relance de ma carrière. ‎« Sain et Sauf » est avant tout un message de soutien, d’encouragement et de galvanisation à l’endroit de nos troupes engagées au front. En tant qu’artiste et porteuse de voix, j’ai choisi de parler pour ceux qui se battent souvent dans l’ombre afin que la paix revienne. C’est une bénédiction musicale que j’adresse à tous ceux qui défendent les couleurs nationales.

BY:  Quels sont les premiers retours que vous avez reçus depuis la sortie de ce single ?

Thaliane : Les retours sont très positifs depuis les premiers instants, notamment lors de la conférence de presse. Le public et mes fans ont bien accueilli la chanson, avec beaucoup de commentaires encourageants. Je rends grâce à Dieu, car la communication autour du projet se fait plus facilement. Les gens se reconnaissent dans le message, et le thème touche profondément.

BY: Comment définiriez-vous l’évolution de votre identité musicale depuis vos débuts jusqu’à aujourd’hui ?

Thaliane : Je ne dirai pas que je suis restée la même. Mon identité musicale a évolué avec le temps. J’ai commencé dans un style Afro Hip-Hop, et au fil des années, je me suis adaptée à de nouveaux courants musicaux, tout en conservant cette base Afro Hip-Hop qui me correspond le mieux et dans laquelle je me sens pleinement moi-même.

BY : En tant qu’artiste féminine burkinabè, quels défis avez-vous dû surmonter ?

Thaliane : J’ai été une véritable battante. L’auto-production n’est jamais facile, surtout quand on manque de moyens. Production et promotion demandent beaucoup de ressources, et cela a toujours été mon plus grand défi. Je suis aujourd’hui à la recherche d’un producteur qui croit en ma carrière et partage ma vision. Dans ce milieu, il faut aussi savoir se préserver. Beaucoup de personnes approchent les artistes avec des intentions cachées. J’encourage mes consœurs à rester vigilantes. Nous sommes dans la musique par passion et par métier, pas pour autre chose. Personnellement, je combats toute forme de violence ou d’abus, surtout en tant qu’ambassadrice de bonne volonté contre les violences basées sur le genre.

BY:  Pourquoi votre engagement pour la reconquête du territoire national est-il si important pour vous ?

Thaliane : Parce que nous ne pouvons pas rester silencieux pendant que des hommes et des femmes se sacrifient jour et nuit pour notre sécurité. En tant qu’artiste, notre arme, c’est la musique. Elle doit servir à soutenir, encourager et montrer à nos forces de défense que nous sommes avec elles. La paix et la sécurité n’ont pas de prix.

Thaliane en plein entretien avec André Yameogo pour Burkina Yawana. DR/ Burkina Yawana

BY:  Pensez-vous que la musique peut réellement jouer un rôle dans cette dynamique de reconquête ?

Thaliane : Absolument. L’essence même de la musique, c’est de véhiculer des messages et de défendre des causes. Elle doit être le miroir de la société et de ce que vit notre pays. À travers mes œuvres, je m’efforce toujours d’intégrer cette dimension de sensibilisation et de soutien.

BY: Quel rôle doivent jouer les artistes burkinabè dans le contexte actuel du pays ?

Thaliane : Les artistes ont un rôle essentiel de mobilisation patriotique et de cohésion sociale. Nous sommes une véritable arme culturelle. Nos messages boostent le moral des troupes et des civils, tout en véhiculant des valeurs de paix, d’unité et d’espoir.

BY: Quelles sont vos principales sources d’inspiration ?

Thaliane : Je m’inspire beaucoup de mon entourage, de mon vécu personnel et de tout ce qui se passe autour de moi, aussi bien sur le plan social qu’humain.

BY: Après ce single, à quoi le public peut-il s’attendre ?

Thaliane : Je prépare actuellement un album sur lequel je travaille depuis un bon moment. Il est prévu pour 2026 et les mélomanes l’attendent avec impatience. J’ai également entamé une tournée nationale. Le premier concert a eu lieu à Banfora, à la salle polyvalente, et l’objectif est de parcourir tout le Burkina Faso.

BY: Pour conclure, quel message adressez-vous à la jeunesse burkinabè, en particulier aux jeunes filles ?

Thaliane : Je dis aux jeunes filles qui rêvent de faire carrière dans la musique de ne jamais abandonner. Une passion, on naît avec. Quand on est passionné, on a envie de se faire entendre. J’encourage tous ceux qui portent un rêve à oser se lancer, à croire en eux et à persévérer.

André Yameogo, stagiaire 


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