Un employé français de l’ONG humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) a été arrêté début mars dans le sud-est de la Centrafrique. Les autorités l’accusent d’activités visant à déstabiliser la situation sécuritaire dans une région déjà marquée par des tensions armées, quelques jours avant une visite diplomatique importante de la France à Bangui.
Une arrestation dans une zone sensible du pays
Un citoyen français travaillant pour l’ONG humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) a été interpellé le 3 mars aux alentours de la localité de Zémio, dans la préfecture du Haut-Mbomou, au sud-est de la République centrafricaine.
L’annonce a été faite lundi 9 mars par le ministère centrafricain de la Défense dans un communiqué. Selon les autorités, l’homme est actuellement détenu par la gendarmerie et devrait être transféré dans les prochains jours à Bangui afin de poursuivre les investigations. Contactée à Bangui, l’ONG MSF n’a pas souhaité commenter l’affaire pour le moment.
Des accusations de « déstabilisation » et de contacts criminels
Dans son communiqué, le ministère centrafricain affirme disposer de « sérieux soupçons d’activités visant la déstabilisation de la situation sécuritaire » dans la région du Haut-Mbomou. Les autorités évoquent notamment des contacts présumés avec des « éléments criminels » ainsi que des tentatives d’agitation auprès de la population locale de l’ethnie Azandé.
Selon Bangui, ces actions auraient visé à dresser la population contre les autorités « légalement élues » du pays.
Le ministère affirme également que le ressortissant français serait entré illégalement en Centrafrique depuis la République démocratique du Congo (RDC), en contournant les points de passage officiels, et qu’il ne disposait pas de documents prouvant la légalité de sa présence sur le territoire. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer son « implication possible dans un réseau plus large de déstabilisation des institutions républicaines ».
Une région marquée par des tensions armées
La zone de Zémio et la préfecture du Haut-Mbomou figurent parmi les régions les plus sensibles du pays. Située aux frontières avec le Soudan du Sud et la RDC, elle connaît régulièrement des affrontements entre groupes armés et forces gouvernementales.
Début janvier, des combats ont opposé l’armée centrafricaine à la milice Azandé Ani Kpi Gbè (AAKG), un groupe armé issu de la communauté azandé, majoritaire dans cette région. Les autorités centrafricaines dénoncent régulièrement ce qu’elles décrivent comme des tentatives d’ingérences extérieures et des campagnes de désinformation visant à affaiblir la confiance de la population envers l’État.
Une arrestation sur fond de tensions diplomatiques
Cette affaire intervient dans un contexte diplomatique sensible entre la France et la République centrafricaine. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, doit se rendre jeudi à Bangui pour rencontrer le président Faustin Archange Touadéra.
Il s’agira de la première visite d’un chef de la diplomatie française dans le pays depuis sept ans.
Les relations entre Paris et Bangui se sont nettement dégradées ces dernières années, tandis que la Russie a renforcé son influence dans le pays, notamment sur le plan sécuritaire. Dans ce contexte, l’arrestation de ce ressortissant français pourrait ajouter une nouvelle source de tension entre les deux pays.
Burkina Yawana avec Africa radio

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