Le Procureur général près la Cour d’appel de Bamako a annoncé l’ouverture d’une procédure judiciaire contre l’homme politique Oumar Mariko. Actuellement en exil, le leader du parti SADI est soupçonné de liens avec des groupes armés terroristes.
Des soupçons de collusion
Dans un communiqué officiel, les autorités judiciaires maliennes ont précisé que cette enquête vise à faire la lumière sur des « allégations graves ». Selon le Procureur général, des informations feraient état de connexions entre Oumar Mariko et des groupes armés terroristes (GAT) actifs sur le territoire national.
Le dossier a été confié au Pôle judiciaire spécialisé dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée. Outre ces liens présumés, la justice examine également d’éventuelles interactions entre l’opposant et des acteurs « hostiles au processus de paix ». Cette annonce survient après des informations faisant état d’une rencontre entre l’opposant et des membres du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) en avril 2026, officiellement pour discuter du sort d’otages maliens.
Une procédure sous surveillance
Alors que l’intéressé est actuellement en fuite à l’étranger, le parquet assure que l’instruction sera menée avec rigueur et impartialité.
« Cette procédure a pour objectif d’établir les faits dans le strict respect des droits de la défense », souligne le communiqué, précisant que les conclusions de l’enquête seront rendues publiques en temps voulu. Oumar Mariko, de son côté, a récemment dénoncé des entraves administratives, notamment des difficultés à renouveler son passeport depuis juillet 2024.
Un climat de fermeté
Cette nouvelle offensive judiciaire s’inscrit dans la volonté affichée des autorités de transition de protéger l’intégrité de l’État. En ciblant l’une des figures politiques les plus critiques du pays, la justice réaffirme son engagement à « garantir la sécurité des populations et à préserver la stabilité des institutions ».
Bien que le gouvernement ait tenté de dissoudre son parti, le SADI, la justice malienne a débouté cette demande en mai 2024, marquant une victoire pour les cadres du parti.
Qui est Oumar Mariko, l’éternel opposant ?
Médecin de formation et figure historique de la gauche malienne, Oumar Mariko est un acteur central de la vie politique depuis les années 1990.
- Une figure du mouvement démocratique : Ancien leader étudiant (AEEM), il a participé activement à la chute du régime de Moussa Traoré en 1991.
- Carrière parlementaire et présidentielle : Fondateur du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (SADI) en 1996, il a été plusieurs fois candidat à la présidence (2002, 2007, 2013, 2018) et élu député à Kolondièba en 2007.
- Rupture avec la Transition : Bien qu’il ait soutenu le mouvement M5-RFP ayant mené à la chute d’Ibrahim Boubacar Keïta en 2020, il s’est rapidement opposé aux autorités militaires, qualifiant le pouvoir actuel d’« illégal et illégitime ».
- Exil depuis 2022 : Il a quitté clandestinement le Mali en 2022 après avoir été inquiété par la justice pour des critiques virulentes contre l’armée malienne et ses partenaires, notamment concernant des allégations d’exactions lors d’opérations militaires.

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