Alors que la Russie, alliée majeure des pays du Sahel, renforce son influence au Togo, la France tente de redynamiser l’axe Paris-Lomé. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a été reçu ce jeudi 23 avril 2026 par le président de la République, Faure Gnassingbé. Depuis la capitale togolaise, le chef de la diplomatie française a réaffirmé l’engagement de la France en faveur de la paix au Sahel et, plus largement, sur l’ensemble du continent.
Selon le communiqué de la présidence togolaise, les échanges ont porté sur les « mécanismes de renforcement des engagements communs en matière de médiation et de sécurité en Afrique ».
À cette occasion, Jean-Noël Barrot a salué le rôle stratégique du Togo dans la résolution des crises régionales. « Le Togo, sous l’autorité du Président Faure Essozimna Gnassingbé, mène une médiation primordiale dans la région des Grands Lacs. Nous avons également abordé la situation au Sahel, qui suscite de vives préoccupations et où le rôle du Togo demeure particulièrement déterminant », a déclaré M. Barrot.
Le Togo : un pont entre l’AES et la Cedeao
Ce rapprochement intervient dans un contexte régional complexe. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont rompu leurs accords de coopération avec la France et quitté la Cedeao – qu’ils jugent instrumentalisée – pour fonder l’Alliance des États du Sahel (AES).
Bien que membre de la Cedeao, le Togo a maintenu une position singulière en affichant sa proximité avec les pays de l’AES. Lomé a d’ailleurs lancé une initiative intitulée « Nouvelle stratégie du Togo pour le Sahel ». Cette feuille de route vise à rapprocher les positions, à renforcer le dialogue politique et à consolider la paix face à la menace terroriste grandissante.
Le 17 avril dernier, une réunion préparatoire s’est tenue entre le Togo, l’AES et la Cedeao en vue de la présentation officielle de cette stratégie. Celle-ci repose sur cinq piliers fondamentaux :
- Le dialogue politique entre le Togo et l’AES ;
- La lutte contre le terrorisme ;
- L’intégration des peuples ;
- La croissance économiquepartagée ;
- L’éducation et la formation, incluant le partage des ressources entre l’espace AES et le Togo.

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