Le palais présidentiel d’Abidjan a servi de cadre, ce jeudi 30 avril 2026, à une rencontre déterminante pour l’avenir des relations entre la CEDEAO et les pays du Sahel. Le Chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara, a reçu en audience Lansana Kouyaté, l’ancien Premier ministre guinéen nommé le 25 mars dernier comme négociateur en chef pour conduire le dialogue avec l’Alliance des États du Sahel (AES).
Une mission de bons offices sous haute surveillance
Cette visite intervient alors que le Burkina Faso, le Mali et le Niger marquent une volonté de rupture nette avec l’organisation régionale. Pour Lansana Kouyaté, ce passage par la capitale ivoirienne était une étape protocolaire et stratégique indispensable avant d’entamer son périple dans les trois pays sahéliens. L’émissaire de la CEDEAO a officiellement informé le président Ouattara de sa feuille de route, tout en cherchant à bénéficier de l’expérience et de l’influence du dirigeant ivoirien pour dénouer une crise diplomatique sans précédent.
La quête d’une issue négociée
Au cours de cet entretien, le médiateur a exprimé son désir de mieux comprendre les motivations profondes qui ont poussé Ouagadougou, Bamako et Niamey à s’organiser en dehors du giron communautaire. Il a notamment souligné l’importance de maintenir des passerelles de dialogue pour éviter une fracture économique et sociale irréversible dans la zone ouest-africaine. Alassane Ouattara a, pour sa part, partagé ses orientations et réitéré son attachement à une intégration régionale forte.
Un test majeur pour la diplomatie ouest-africaine
Le succès de cette mission repose désormais sur la capacité de Lansana Kouyaté à transformer ces conseils en propositions concrètes lors de ses prochains déplacements sur le terrain. Si la CEDEAO espère encore un retour des pays membres de l’AES, ou à défaut une séparation encadrée, le climat de méfiance reste le principal obstacle. Le défi est de taille : convaincre des États sahéliens plus que jamais déterminés à affirmer leur souveraineté pleine et entière. « J’espère qu’une erreur commise et reconnue pourra, d’une façon ou d’une autre, être rattrapée. C’est le souhait du président et celui de la CEDEAO », a confié le négociateur à sa sortie d’audience.
Reste à voir comment ces propos seront accueillis à Ouagadougou et dans les autres capitales de l’Alliance, où l’heure semble davantage à la consolidation de l’AES qu’au retour vers l’ancienne organisation.

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