Ouattara, Diomaye, Macron : Le choc des mondes au Sommet Afrique-France

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Le sommet « Africa Forward » s’ouvre ce lundi à Nairobi, au Kenya, dans une atmosphère de rupture historique. Pour la première fois en terre anglophone, Emmanuel Macron tente de réinventer une relation France-Afrique à bout de souffle, coincé entre la fidélité d’Alassane Ouattara et l’exigence de souveraineté de Bassirou Diomaye Faye.

Un triangle diplomatique sous haute tension

À Nairobi, les regards ne sont pas tournés vers le protocole, mais vers le contraste saisissant entre les invités. D’un côté, Alassane Ouattara, l’indéboulonnable allié de Paris, incarne la stabilité d’un modèle économique et sécuritaire que beaucoup jugent révolu. De l’autre, Bassirou Diomaye Faye, la nouvelle figure de proue du Sénégal, arrive avec le mandat de décoloniser les esprits et les économies. Entre les deux, Emmanuel Macron joue sa dernière carte pour éviter un effacement total de l’influence française sur le continent.

L’économie comme champ de bataille

Ce sommet, baptisé « Africa Forward », se veut résolument tourné vers l’innovation et l’investissement. Mais derrière les discours sur l’intelligence artificielle et l’économie verte, c’est un véritable bras de fer qui se joue. Diomaye Faye, « vedette » attendue de ce rendez-vous, ne vient pas pour solliciter de l’aide, mais pour imposer des partenariats d’égal à égal. Sa présence met en lumière l’isolement croissant de la vision traditionnelle portée par Ouattara, alors que le Sénégal s’affiche désormais comme le pont entre les aspirations souverainistes du Sahel et le réalisme diplomatique.

Pari risqué pour Nairobi

En délocalisant ce sommet au Kenya, Macron tente de « dé-francophoniser » la relation pour fuir les fantômes de la Françafrique.

Pourtant, le malaise est palpable. L’absence des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) – Burkina Faso, Mali, Niger – rappelle à qui veut l’entendre que le dialogue est rompu avec une partie du continent. À Nairobi, Macron doit prouver que son « nouveau narratif » peut séduire au-delà de ses partenaires historiques, sous peine de voir le Sénégal de Diomaye Faye mener la danse d’une émancipation définitive.


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