Alors qu’Emmanuel Macron a profité du sommet « Africa Forward » à Nairobi le 10 mai 2026 pour critiquer le choix souverain du Mali, l’ancien Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a vigoureusement réagi. Entre velléités de manipulation et mépris diplomatique, il livre une chronologie des faits qui met à nu les dessous de la rupture entre Bamako et l’Élysée.
Par la Rédaction
Le duel à distance continue entre Bamako et Paris. Depuis le Kenya, le président français Emmanuel Macron a ravivé les tensions en qualifiant de « mauvaise décision » le départ des forces françaises du territoire malien amorcé en 2021. Une sortie jugée « ratée » par Choguel Kokalla Maïga, qui a immédiatement entrepris de rafraîchir la mémoire de l’opinion internationale pour éviter que l’Histoire ne soit falsifiée par ceux qui comptent sur l’oubli.
Selon l’ancien chef du gouvernement de Transition, le divorce n’est pas né d’un caprice malien, mais d’une réaction à l’ingérence flagrante de la France. Choguel Maïga rappelle qu’après la « Rectification » du 24 mai 2021, Emmanuel Macron a tenté d’imposer son propre casting à la tête de l’État en voulant désigner lui-même le Président de la Transition et celui du Conseil National de la Transition (CNT). Ce refus catégorique des autorités maliennes de se soumettre à ce diktat, suivi de la nomination d’un Premier ministre sans l’aval de l’Élysée, aurait plongé le président français dans une colère noire.
Cette frustration a conduit Paris à annoncer unilatéralement le retrait de ses troupes, une décision que Choguel Maïga qualifie de véritable « coup de poignard dans le dos ». En informant le chef de l’État malien par voie de presse, comme un simple citoyen, la France a agi avec un mépris total des usages diplomatiques. Selon l’ancien Premier ministre, l’objectif était clair : laisser le Mali seul et vulnérable face à la menace terroriste du JNIM pour punir son audace souverainiste.
L’ancien Premier ministre souligne également le rôle de la France dans la paralysie du G5-Sahel. Il révèle comment Emmanuel Macron s’est personnellement opposé à ce que le Mali exerce la présidence tournante de l’organisation, imposant sa volonté aux autres chefs d’État membres. Pour Bamako, cette ingérence a fini de démontrer que l’organisation était pilotée depuis l’extérieur, justifiant ainsi son retrait définitif d’une structure sous tutelle.
Cette mise au point résonne avec force au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). En rétablissant ces vérités, Choguel Maïga ne défend pas seulement le passé ; il justifie la trajectoire actuelle de la région vers une souveraineté totale, loin des méthodes paternalistes d’une époque désormais révolue.

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