Dans un communiqué conjoint, les médias de service public du Burkina Faso ont exprimé leur vive préoccupation face à la recrudescence des commentaires haineux sur leurs plateformes digitales. Face à ce constat, une mesure radicale a été annoncée : le bannissement systématique des profils malveillants, assorti de potentielles poursuites judiciaires.
La cohésion sociale comme ligne de front
Le constat des médias publics est sans équivoque. Alors que le pays traverse une période cruciale de son histoire, l’espace numérique est de plus en plus ciblé par des dérives qui menacent l’unité nationale. Selon le communiqué, ces discours haineux interviennent dans un contexte précis où « les ennemis de la Nation, en perte de vitesse, cherchent désespérément à saper les fondements de notre cohésion sociale ».
Face à ces tentatives de déstabilisation par le clavier, les responsables des médias d’État rappellent que les plateformes digitales doivent demeurer des vecteurs d’échange constructif et de dialogue respectueux, et non des outils de division ou de diffamation.
Fin de la récréation : Tolérance zéro et responsabilité pénale
Le communiqué tient à lever toute ambiguïté sur l’impunité virtuelle : l’espace numérique n’est pas une zone de non-droit. Les autorités médiatiques rappellent fermement que chaque interaction en ligne – qu’il s’agisse d’une publication, d’un commentaire, d’un simple « like » ou d’un partage – engage directement la responsabilité pénale de son auteur. Pour assainir ces espaces d’information, la sanction sera désormais immédiate. Tout internaute auteur de contenus injurieux, haineux ou contraires aux règles du vivre-ensemble verra son compte ou profil systématiquement banni de toutes les plateformes des médias publics.
Dans la droite ligne des mises en garde du Procureur du Faso
Cette décision des médias de service public fait directement écho à un précédent rappel à la responsabilité relayé par Burkina Yawana. Le Procureur du Faso près le Tribunal de Grande Instance Ouaga I avait en effet – liés d’une conférence de presse le vendredi 22 mai 2022, tiré la sonnette d’alarme face aux dérives sur les réseaux sociaux, rappelant que l’anonymat sur Internet reste une illusion et que la liberté d’expression s’arrête là où commencent l’infraction et la déstabilisation. Tout comme le parquet qui avait averti que des publications ou partages légers pouvaient être qualifiés d’« incitation à la violence » ou d’« atteinte à la sûreté de l’État », les médias publics opérationnalisent aujourd’hui cette tolérance zéro sur le terrain numérique.
Un appel au sursaut patriotique
Au-delà des sanctions, c’est un véritable appel au discernement et à la vigilance accrue qui est lancé à l’endroit de chaque Burkinabè connecté. Le communiqué réaffirme que la construction du pays repose sur des valeurs endogènes cardinales : la dignité, le respect, la tolérance et la solidarité.
En phase avec les autorités judiciaires et médiatiques, chaque citoyen est invité à faire le choix d’une communication responsable, mettant l’arme du numérique exclusivement au service de l’intérêt général et de la défense de la Nation.

Votre commentaire