La France abroge enfin le « Code noir », 178 ans après

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Par la Rédaction de Burkina Yawana

C’est une décision qui relève autant du symbole politique que de la purification mémorielle. Ce jeudi 28 mai 2026, les députés français ont voté à l’unanimité l’abrogation définitive du Code noir. Cet ensemble de textes juridiques, qui a régi pendant des siècles l’esclavage et l’exploitation des êtres humains dans les colonies françaises, n’existait plus que comme une ombre honteuse dans l’arsenal législatif.

Un vote unanime pour l’Histoire

Il aura donc fallu attendre près de deux siècles après l’abolition officielle de l’esclavage (en 1848) pour que la représentation nationale française nettoie ses textes de loi de cette monstruosité juridique. Réunis en session, les députés ont validé le projet de loi visant à rayer définitivement ce texte des tablettes. Si l’esclavage n’était plus pratiqué, le symbole reste fort pour l’Afrique et sa diaspora. Le fait que ce vote se soit déroulé à l’unanimité démontre une prise de conscience tardive, mais nécessaire, de la toxicité de ce patrimoine colonial.

Qu’était le « Code noir » ?

Préparé sous le ministre Colbert et promulgué par Louis XIV en 1685, le Code noir avait pour but de réglementer la vie, la mort, mais surtout l’exploitation des esclaves dans les colonies.

Le saviez-vous ? Dans son article 44, le Code noir qualifiait officiellement les esclaves de « biens meubles ». Ils pouvaient ainsi être vendus, achetés, saisis ou légués au même titre que du bétail ou des objets de maison.

Ce texte encadrait également les punitions corporelles (le fouet, la mutilation des oreilles ou du jarret en cas de tentative de fuite) et interdisait aux Africains déportés de pratiquer leurs propres religions ou de se rassembler.

Pourquoi maintenant ? Un débat sur la mémoire

Pour de nombreux observateurs et militants panafricains, cette abrogation pose une question fondamentale : pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Si pour certains cette démarche permet de clore un chapitre juridique, pour d’autres, elle rappelle que le travail de réparation morale, historique et économique est encore long. Ce vote intervient dans un contexte mondial où la jeunesse africaine et sa diaspora exigent une relecture sans complaisance des relations avec les anciennes puissances coloniales.

En supprimant le Code noir de ses lois, la France pose un acte. Mais pour l’Afrique, la vraie page ne se tournera que lorsque l’histoire de la traite négrière sera enseignée et reconnue partout à sa juste mesure, sans omission ni minimisation.


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