Par la rédaction / Burkina Yawana
La justice burkinabè a rendu son verdict dans une affaire qui tenait le public en haleine. Le capitaine Abdoul Kader Zanré, figure clé de l’appareil sécuritaire sous la transition de Paul-Henri Sandaogo Damiba, a été fixé sur son sort le vendredi 5 juin à Ouagadougou.
Le Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou n’a pas eu la main tremblante. L’ancien chef de la sécurité présidentielle a été condamné à 11 ans de prison, dont cinq ans ferme.
Les faits : L’incendie du véhicule d’Imhotep Bayala
Le capitaine Zanré a été reconnu coupable de complicité de dégradation volontaire de bien privé par incendie et de mise en danger de la vie d’autrui.
L’affaire remonte à l’incendie criminel du véhicule d’Imhotep Bayala, une figure bien connue de la société civile en tant que coordonnateur du mouvement « Deux Heures pour Nous, Deux Heures pour Kamita ». Ce verdict vient clore un dossier hautement symbolique qui met en lumière les dérives sécuritaires liées à l’ancien régime.
Mandat d’arrêt et lourdes sanctions financières
La sentence du tribunal s’accompagne de mesures immédiates. En plus de sa peine de prison, le capitaine Zanré est condamné à une amende ferme de 2 millions de FCFA, et un mandat d’arrêt a été décerné à son encontre par le tribunal. Le verdict frappe également ses complices, puisque trois autres prévenus dans cette affaire ont été reconnus coupables. Ces derniers écopent chacun d’une peine de 5 ans de prison avec sursis et d’une amende de 2 millions de FCFA.
Sur le volet civil, les condamnés devront verser solidairement la somme de 12,7 millions de francs CFA à Imhotep Bayala en guise de dommages et intérêts pour réparer le préjudice subi.
Un signal fort dans le paysage politique
Cette condamnation retentissante envoie un message clair quant à la responsabilité des agents de l’État, quel que soit leur rang ou leur ancienne proximité avec le sommet du pouvoir. Au-delà du simple fait divers, l’issue de ce procès marque un tournant dans la redevabilité des acteurs des transitions passées, alors que le pays reste particulièrement sensible aux questions de justice, d’équité et de lutte contre l’impunité.
Le retour forcé de Paul-Henri Damiba
Arrivé au pouvoir par un coup d’État en janvier 2022 et renversé huit mois plus tard par le capitaine Ibrahim Traoré, le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba s’était exilé au Togo. Son exil a pris fin le 17 janvier 2026 : accusé d’être le cerveau d’un énième complot contre la sûreté de l’État déjoué au début de cette année, il a fait l’objet d’un mandat d’arrêt international.
Extradé par les autorités togolaises, l’ex-président de la Transition est actuellement détenu à Ouagadougou dans l’attente de son procès pour haute trahison.

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