Par la rédaction / Burkina Yawana
Le Burkina Faso vient de perdre l’une de ses plus belles boussoles morales. L’Officier de Police Major à la retraite, Béatrice Sanon, s’est éteinte le jeudi 11 juin à l’âge de 67 ans. Si son nom résonne comme un synonyme de fierté nationale, c’est parce qu’elle a incarné, face à la tentation suprême, le véritable sens du mot « Homme intègre ».
Le jour où elle a choisi l’honneur: L’affaire Sia Popo
Pour comprendre l’héritage que laisse Béatrice Sanon, il faut remonter en 2002. Le braquage de la BCEAO à Abidjan secoue toute l’Afrique de l’Ouest. Le cerveau de cette opération historique, Sia Popo Prosper, est en cavale, les poches pleines de milliards de francs CFA.
Alors qu’il tente de se frayer un chemin à travers le Burkina Faso, il se heurte à une policière incorruptible. Face à elle, le fugitif sort l’arme de la corruption massive : des millions de FCFA jetés sur la table pour acheter son silence et sa liberté. Là où d’autres auraient fléchi, Béatrice Sanon ne bronche pas. Elle refuse l’argent de la compromission, choisit l’honneur du drapeau et procède à l’arrestation du criminel. En un éclair, elle démontre que la dignité burkinabè n’a pas de prix.
39 ans au service de la Nation
Entrée dans la Police nationale en 1977 à l’âge de 18 ans, Béatrice Sanon aura consacré 39 ans de sa vie à protéger ses concitoyens. Son parcours exceptionnel, couronné en 2022 par le Prix de l’intégrité lors de la Journée internationale de lutte contre la corruption, reste un modèle absolu pour toute l’administration publique.
L’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) a tenu à lui rendre un vibrant hommage par la voix du Contrôleur Général d’État : « Une femme de devoir dont la vie professionnelle fut un témoignage permanent de loyauté, de discipline et d’attachement aux valeurs républicaines. Elle laisse à la jeune génération l’exemple rare d’un engagement au service de l’État sans compromission ni marchandage des principes. »
« On peut être riche et malheureux »
Au-delà de l’uniforme, Béatrice Sanon était une femme de convictions profondes, qui savait que la paix de la conscience vaut mieux que tous les trésors du monde.
Dans une interview accordée au média en ligne LeFaso.net, elle avait prononcé ces mots qui résonnent aujourd’hui comme son testament moral : « La réussite c’est une combinaison de tout. On peut être riche et malheureux. » À une époque où le gain facile et la corruption font trop souvent l’actualité, le départ de Béatrice Sanon laisse un grand vide, mais surtout une immense lumière. Elle a prouvé que l’intégrité n’est pas qu’un slogan au Burkina Faso, mais un choix de vie.
L’équipe de Burkina Yawana présente ses condoléances les plus attristées à sa famille, à ses proches ainsi qu’à toute la grande famille de la Police Nationale. Adieu, l’Officier. La Patrie vous doit une fierté éternelle.
Elle sera inhumée le mardi 16 juin 2026. Le programme des obsèques parvenu à la rédaction de Burkina Yawana


Votre commentaire