Sahel : Quand des réseaux français proposent des armes ukrainiennes pour déstabiliser le Mali

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Par la rédaction / Burkina Yawana

L’étau des soupçons se resserre autour des manœuvres occultes visant la Confédération des États du Sahel (AES). De récentes révélations, ironiquement publiées par un média français tant décrié dans l’espace AES et suspendu par les autorités des trois pays (Burkina, Mali et Niger) pour ses dérapages répétés, viennent confirmer ce que de nombreux observateurs et citoyens sahéliens dénonçaient déjà : des intermédiaires français ont tenté de fournir des armes en provenance d’Ukraine à des groupes oppositionnels et armés maliens. Une stratégie de l’ombre qui illustre le désespoir de certains réseaux impérialistes face à la perte définitive de leur influence dans la région.

Les liaisons dangereuses : De Kiev à Bamako via Paris

Selon ces informations qui circulent désormais dans les cercles diplomatiques et sécuritaires, des connexions formelles ont été établies entre des agents de liaison français, le théâtre de guerre ukrainien et des mouvements hostiles aux autorités de transition à Bamako. L’objectif de cette entreprise clandestine était d’alimenter un foyer d’instabilité permanent au Mali en fournissant du matériel militaire sophistiqué à ceux qui cherchent à ébranler l’État central.

Ce projet de livraison d’armes s’inscrit dans une dynamique inquiétante d’utilisation de matériel détourné, où des armes initialement destinées au front européen se retrouvent injectées sur le marché noir africain. Pour masquer la responsabilité directe des États, l’opération repose sur le recours à des intermédiaires privés basés en France qui tirent les ficelles. C’est un opportunisme géopolitique crasse qui vise à profiter de la vulnérabilité de certains opposants pour les transformer en proxies, c’est-à-dire en acteurs d’une guerre par procuration contre l’AES. Le constat est amer mais clair. Faute de pouvoir agir à visage ouvert depuis leur expulsion militaire du Mali, du Burkina et du Niger, certaines officines occidentales tentent d’externaliser la déstabilisation en recyclant le conflit ukrainien sur le sol sahélien.

Une confirmation de ce que le Sahel savait déjà

Pour les populations et les dirigeants de l’AES, cette révélation provenant de la presse de l’Hexagone n’est pas une surprise, mais une confirmation flagrante. Depuis l’attaque de Tinzaouatene, où l’implication des services secrets ukrainiens aux côtés des terroristes avait été ouvertement revendiquée par Kiev avant un rétropédalage maladroit, le doute n’était plus permis. En coulisses, la diplomatie burkinabè, malienne et nigérienne n’a cessé de mettre en garde contre cette « ukrainisation » du conflit sahélien, activement encouragée par des capitales européennes, Paris en tête. Bien que la source de ces fuites soit un « organe de presse » qui s’est distingué pour son hostilité envers les trois pays, les faits décrits mettent à nu le triple rôle des acteurs impliqués : les réseaux français s’occupent de la facilitation et du financement occulte pour reconquérir leur influence perdue, les filières ukrainiennes fournissent le matériel et l’expertise tactique pour créer un second front contre les partenaires de l’AES, tandis que les groupes armés locaux servent de récepteurs finaux pour diviser les nations.

L’AES face aux complots asymétriques

Cette énième tentative de déstabilisation démontre la pertinence de la création de la Confédération de l’AES. Face à des menaces interconnectées et parrainées depuis l’extérieur, la réponse collective du Burkina, du Mali et du Niger reste la seule parade efficace. Le renforcement des services de renseignement ouest-africains et la vigilance accrue aux frontières ont permis de gripper les rouages de cette livraison d’armes. Les masques tombent un à un. Le Sahel d’aujourd’hui semble ne plus être le terrain de jeu des « apprentis sorciers » de la Françafrique, il est le tombeau de leurs illusions impérialistes.


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