Qnet attaque l’État burkinabè en justice pour « excès de pouvoir »

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Par la rédaction / Burkina Yawana

C’est le nouveau rebondissement dans le feuilleton qui oppose le géant de la vente en réseau à l’exécutif burkinabè. Interdite d’exercer et privée de sa structure locale par les autorités, la société Qnet a décidé de contre-attaquer sur le terrain juridique. Elle poursuit l’État burkinabè devant le Conseil d’État pour « excès de pouvoir ».

Rappel des faits : Pourquoi l’État avait-il sévi ?

Pour comprendre l’enjeu, il faut remonter à juillet 2024, date à laquelle le gouvernement avait suspendu toutes les activités de la marque au Burkina Faso. Face à la persistance du phénomène, la Révolution avait franchi un cap décisif le 2 octobre 2025 en Conseil des ministres, en prononçant la dissolution pure et simple de l’Association professionnelle des représentants indépendants de Qnet.

Les raisons de ce coup d’arrêt historique ? Une accumulation alarmante de dérives. Entre enrichissements illusoires, mécanismes pyramidaux et escroqueries, les services de sécurité avaient enregistré plus de 1 300 plaintes, représentant un préjudice supérieur à un milliard de FCFA pour des milliers de victimes, principalement des jeunes. Plus grave encore, des enquêtes avaient mis en lumière des pratiques de séquestration et de traite de personnes, où de jeunes Burkinabè étaient coupés de leurs proches et retenus à l’étranger sous de fausses promesses d’embauche.

Préserver la réputation d’un géant africain

C’est précisément contre cette mise au ban globale que Qnet s’insurge aujourd’hui. Pour la défense de l’entreprise, portée par Me Paul Kéré, l’enjeu dépasse les frontières nationales. Il s’agit d’une bataille d’image capitale pour une multinationale implantée dans plusieurs pays du continent. L’objectif de ce recours en justice n’est pas de nier les dérives constatées sur le terrain, mais d’apporter une nuance juridique majeure dans la formulation de la sanction.

Une nuance de taille : Sociétés vs Représentants indépendants

La stratégie de Qnet repose sur la distinction entre la multinationale elle-même et les dérives de ses membres indépendants. Devant les juges, Me Paul Kéré a clarifié la position de sa cliente : « Moi je suis d’accord avec la décision. Mais moi je souhaite que dans la rédaction de votre jugement, vous puissiez dire : “Cette interdiction de trois ministres contre les activités de Qnet concernait les indépendants” », a-t-il déclaré et rapporté par Faso7.

En clair, la défense valide le coup de vis des autorités face aux arnaques, mais exige que la justice précise que ce sont les agissements individuels des représentants indépendants (les « IR ») qui sont sanctionnés, et non la marque Qnet Afrique en tant qu’entité.

Quel impact pour la suite ?

Le verdict du Conseil d’État sera déterminant. Si la justice accède à la requête de Me Kéré, cela pourrait permettre à la marque de laver son honneur corporatif tout en maintenant le verrou sécuritaire sur ses réseaux de distribution locaux. Une affaire à suivre de très près sur Burkina Yawana.


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