Face à ce qu’elle qualifie d’ingérence inacceptable, l’Alliance des États du Sahel (AES) fait front commun. Réunis en session à Ouagadougou, les présidents des parlements de l’espace confédéral ont adopté une motion de soutien indéfectible au peuple burkinabè et à ses autorités. Cette levée de boucliers fait directement suite à la résolution votée le 18 juin 2026 par le Parlement européen, un texte fustigé par l’Alliance pour sa présentation totalement « erronée » de la situation des droits humains et des libertés fondamentales au Burkina Faso. Pour l’axe Ouagadougou-Bamako-Niamey, les grilles de lecture occidentales et les leçons de morale de Strasbourg ne passent plus.
Par la rédaction – Burkina Yawana
Après le recadrage de l’ambassadeur à Ouagadougou, l’AES enfonce le clou
Cette riposte parlementaire conjointe vient appuyer une action diplomatique déjà vigoureuse menée sur le terrain par le gouvernement burkinabè. Quelques jours plus tôt, le ministère des Affaires étrangères du Burkina Faso avait en effet convoqué d’urgence l’ambassadeur, chef de la délégation de l’Union européenne à Ouagadougou.
Lors de ce face-à-face tendu, les autorités ont fermement recadré le diplomate européen, lui signifiant leur profonde désapprobation face à un texte jugé insultant et déconnecté des réalités sécuritaires. Avec cette nouvelle motion des parlements de l’AES, c’est désormais tout le bloc sahélien qui fait bloc pour renvoyer Bruxelles à ses copies.
Les grands axes de la riposte sahélienne
La motion adoptée par les présidents des parlements de l’AES lors de leur session dans la capitale burkinabè s’articule autour de positions claires, privilégiant la fluidité des arguments à la rhétorique habituelle : En premier lieu, les élus du Sahel condamnent vigoureusement le texte européen et réaffirment leur solidarité fraternelle envers les autorités burkinabè qui s’efforcent au quotidien de défendre la souveraineté nationale, restaurer l’intégrité territoriale et garantir la sécurité des populations.
Cette motion est aussi l’occasion de saluer l’effort de guerre à travers un hommage solennel rendu aux Forces de défense et de sécurité (FDS), aux Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP) ainsi qu’à toutes les victimes du terrorisme. Pour l’AES, le courage et le sacrifice de ces combattants constituent le véritable socle de la résilience nationale, loin des rapports de salon rédigés à des milliers de kilomètres du front.
Pour les parlementaires de l’Alliance, la lutte contre le terrorisme est un enjeu mondial qui exige une coopération internationale sincère et un respect mutuel. Ils rejettent fermement les approches partisans susceptibles d’affaiblir les États engagés en première ligne contre ce fléau. En conclusion, ils réitèrent leur détermination absolue à bâtir un espace confédéral souverain, sécurisé et prospère, ouvert au monde mais sur la seule base d’intérêts réciproques. « La lutte contre le terrorisme exige davantage de solidarité internationale et d’écoute, plutôt que des approches susceptibles d’affaiblir les États en première ligne », peut-on lire dans l’extrait de la motion des présidents des parlements de l’AES.
L’affirmation d’une diplomatie de rupture
Cet épisode démontre que l’Alliance des États du Sahel a franchi un nouveau palier. L’organisation ne se limite plus à une alliance militaire ou exécutive, elle déploie désormais son bouclier au niveau législatif et diplomatique. En opposant une fin de recevoir collective et coordonnée à l’Union européenne, l’AES envoie un message clair : la gestion de la sécurité intérieure et la souveraineté du Sahel sont des chasses gardées non négociables.

Votre commentaire