Le chemin vers l’indépendance énergétique du Burkina Faso se précise. Comme le rapporte le journal La Tribune, un pas de géant a été franchi le 8 juillet 2026 avec l’annonce d’un financement massif de 60 millions de dollars (environ 52 millions d’euros, soit plus de 34 milliards de FCFA) par l’Africa Finance Corporation (AFC). Ce coup de pouce financier est destiné à la société turque Aksa Energy pour la construction et l’exploitation d’une nouvelle centrale thermique de 119 MW. À terme, cette infrastructure deviendra tout simplement la plus grande centrale électrique du pays.
Par la Rédaction – Burkina Yawana
Un soulagement pour le réseau électrique national dès 2027
Prévue pour être mise en service en 2027, cette centrale fonctionnera au fuel-oil. Le projet repose sur un partenariat solide et à long terme : un contrat d’achat d’électricité sur 20 ans a déjà été signé avec la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL).
La demande en électricité au Burkina Faso explose, avec une croissance estimée entre 7,3 % et 10,9 % par an jusqu’en 2040. Dans ce contexte, cette infrastructure s’avère être une véritable bouffée d’oxygène. Elle permettra de booster la production locale, de sécuriser l’approvisionnement des ménages ainsi que des industries, et de réduire significativement la dépendance vis-à-vis des importations d’électricité des pays voisins pour limiter les délestages.
Cemil Kazanci, président d’Aksa Energy, s’est réjoui de cette collaboration en indiquant qu’avec l’AFC, son groupe met en place une infrastructure énergétique essentielle qui renforcera la sécurité énergétique, soutiendra le développement économique et améliorera la fiabilité de l’approvisionnement en électricité pour des millions de personnes.
Cap sur les objectifs du Pacte National de l’Énergie (2026-2030)
Cette nouvelle centrale s’inscrit en droite ligne avec les ambitions du gouvernement burkinabè en matière d’accès à l’énergie. D’ici 2030, les objectifs du pays sont clairs : atteindre l’accès à l’électricité pour 17,9 millions de personnes supplémentaires (dont 11,1 millions en milieu rural), porter le taux d’électrification en milieu urbain à 100 % et celui du milieu rural à 70,7 %.
Si le mix énergétique burkinabè reste aujourd’hui dominé à 70 % par le thermique, le pays prépare activement sa transition verte. Le plan national prévoit en effet de faire passer la capacité solaire installée de 228 MWc en 2024 à 887 MWc d’ici 2030.
Pour financer cette révolution énergétique, le Burkina Faso mise massivement sur le partenariat public-privé. Le secteur privé est attendu à hauteur de 7,4 milliards de dollars, tandis que l’État et ses partenaires stratégiques mobiliseront respectivement 493 millions et 2,4 milliards de dollars. La transition est en marche, et le secteur privé y joue définitivement les premiers rôles.

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