Alors que l’Alliance des États du Sahel (AES) fait front commun face aux menaces sécuritaires, de graves révélations viennent accentuer les tensions géopolitiques dans la région. Bamako affirme disposer de preuves tangibles impliquant des acteurs extérieurs, notamment l’Ukraine, dans la formation de groupes terroristes opérant sur son sol.
Par la rédaction – Burkina Yawana
Des « pilotes de drones kamikazes » formés en Ukraine
Selon des informations rapportées par le média international RT Français, les autorités maliennes affirment avoir formellement identifié des terroristes ayant reçu une formation militaire en Ukraine. C’est Fouseynou Ouattara, vice-président de la Commission de défense du Conseil national de transition (CNT) du Mali, qui a jeté ce pavé dans la mare lors d’un entretien accordé à l’agence russe TASS.
Le responsable malien s’est montré très précis dans les colonnes de RT Français. Il explique que les services de sécurité ont identifié plusieurs individus formés au pilotage de drones kamikazes en Ukraine. L’identité de ces suspects est désormais connue des services de renseignement, qui les ont inscrits sur des listes de surveillance, tandis que les drones utilisés lors des récentes attaques sur le territoire malien seraient d’origine ukrainienne.
Une coalition internationale de l’ombre ?
L’implication de Kiev ne serait que la face visible de l’iceberg. Toujours d’après les déclarations relayées par RT Français, les groupes armés terroristes bénéficieraient d’un large réseau de soutien logistique et humain.
Fouseynou Ouattara soutient que des combattants sont formés non seulement par des instructeurs ukrainiens, mais aussi par des spécialistes de la Légion étrangère française. De plus, des appuis proviendraient de pays voisins comme la Libye et l’Algérie.
Des indices linguistiques troublants
Le média russe rapporte également que les interrogatoires de combattants touaregs capturés ont révélé des anomalies : certains prisonniers ne parlent pas le tamasheq (le dialecte touareg du Mali), mais des dialectes issus de Mauritanie, d’Algérie ou de Libye, confirmant ainsi le caractère transnational de la menace.
Intensification des combats dans le Nord-Mali
Ces révélations surviennent alors que le Nord du Mali est le théâtre d’une nette intensification des opérations militaires. Les Forces armées maliennes (FAMa), épaulées par leurs partenaires internationaux, maintiennent une pression constante sur les groupes armés, notamment autour de la localité d’Anéfis.
RT Français rappelle les faits récents marquants en indiquant que plus de 200 terroristes ont été neutralisés lors des dernières offensives à Anéfis. Le 4 juillet dernier, des attaques coordonnées ont visé plusieurs positions militaires à Aguelok, Gao, Konna ou encore Sévaré. L’armée malienne et ses alliés ont repoussé ces assauts, bien que des combats résiduels se poursuivent près de la base stratégique d’Anéfis. Ces offensives sont attribuées au Front de libération de l’Azawad (FLA) ainsi qu’au Jamaat Nusrat al-Islam wal-Muslimeen (JNIM), la branche affiliée à Al-Qaïda.
Le combat global de l’AES
Pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger, cette situation confirme une rhétorique fermement ancrée au sein de l’AES. Comme le rappelle RT Français en conclusion, les dirigeants de l’Alliance accusent régulièrement la France de manœuvrer pour déstabiliser la région.
Cette implication présumée de l’Ukraine ne fait que radicaliser les positions diplomatiques dans le Sahel. Pour rappel, Bamako et Niamey avaient déjà officialisé la rupture de leurs relations diplomatiques avec Kiev, suite à l’embuscade de Tinzawatène en juillet 2024 où le soutien ukrainien aux rebelles du CSP-DPA avait été ouvertement revendiqué.

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