C’est par cette formule sans filtre que le ministre de l’Enseignement supérieur a balayé les inquiétudes qui enflamment la toile burkinabè depuis l’annonce d’une nouvelle règle : l’obligation d’obtenir une autorisation ministérielle pour les bacheliers avant de partir étudier à l’étranger.
Par la rédaction – Burkina Yawana
S’exprimant ce mardi 14 juillet 2026 à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la Semaine Nationale de l’Information et de l’Orientation post-baccalauréat (SIO), le Pr Adjima Thiombiano a tenu à rassurer et à expliquer le bien-fondé de cette mesure, qu’il juge largement incomprise.
Une question de bon sens et de sécurité consulaire
Pour faire redescendre la tension, le ministre a d’abord rappelé une règle de vie sociale et familiale bien connue de tous : « On n’empêche personne de sortir. Même dans une famille, quand vous voulez sortir, la bonne éducation commande que vous demandiez au moins l’autorisation d’un de vos parents avant de sortir. Parce qu’en cas de problème, il sait. »
L’objectif premier n’est donc pas de restreindre la mobilité des bacheliers, mais de garantir leur sécurité une fois hors des frontières. Trop souvent, des étudiants burkinabè se retrouvent confrontés à des difficultés majeures à l’étranger (problèmes de visa, de logement, ou crises sécuritaires imprévues) sans que l’État ne dispose d’une trace de leur présence.
Grâce à cette formalité, le consulat ou la représentation diplomatique du Burkina Faso dans le pays d’accueil est immédiatement informé. En cas d’urgence, l’assistance de l’État peut ainsi se déployer rapidement et efficacement car les autorités savent exactement qui se trouve où.
Mieux connaître nos forces pour bâtir le Burkina de demain
Au-delà de la protection individuelle, cette mesure répond à un enjeu stratégique national : la création d’une base de données fiable sur les compétences en cours d’acquisition à l’étranger.
Le ministère souhaite simplement recenser la destination de chaque étudiant, la filière pointue qu’il va y étudier et la durée prévue de son cursus. Pour le gouvernement, cette visibilité est essentielle. Elle permettra d’identifier et de cartographier les futurs cadres et spécialistes burkinabè formés à l’international afin de pouvoir faire appel à eux dès que le pays aura besoin de leur expertise. « N’est-ce pas beau ça ? », a souligné le ministre.
Pas de blocage, juste une formalité
Face aux rumeurs de restrictions d’accès aux études internationales, le Pr Adjima Thiombiano a insisté sur la simplicité de la démarche : « Si on avait dit, personne ne sort, on pourrait se plaindre. On a dit, demandez juste l’autorisation, on vous autorise et vous sortez ». Il s’agit donc, selon l’autorité, d’une simple formalité administrative visant à accompagner l’étudiant plutôt qu’à lui barrer la route.

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