Burkina Faso : L’importation de farine, couscous et semoule suspendue jusqu’à nouvel ordre

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Le gouvernement burkinabè prend une mesure protectionniste majeure pour soutenir l’écoulement des produits agricoles et la transformation céréalière locale.

Par la rédaction – Burkina Yawana

Le gouvernement passe à la vitesse supérieure dans sa stratégie de promotion du « consommer local ». À travers un communiqué interministériel rendu public ce vendredi 31 juillet 2026, l’importation de la farine (y compris la farine infantile), du couscous et de la semoule est suspendue sur toute l’étendue du territoire national jusqu’à nouvel ordre.

Signée le 30 juillet 2026 par quatre membres du gouvernement, cette décision prend effet immédiatement à compter de sa date de signature. Elle traduit la volonté ferme de l’exécutif de protéger la production nationale et d’encourager la transformation locale des céréales.

Protéger la production locale et dynamiser l’agro-industrie

L’objectif recherché par le gouvernement est explicite : assurer un écoulement garanti pour les stocks et les productions des transformateurs locaux. En freinant l’entrée des produits importés concourants, l’État vise à préserver les emplois de la filière agroalimentaire et à inciter les acteurs nationaux à accroître leurs capacités de production.

L’inclusion spécifique de la farine infantile constitue un levier stratégique fort. Elle vise à stimuler la fabrication locale de farines enrichies pour les tout-petits à partir des céréales du terroir comme le millet, le maïs ou le sorgho, renforçant du même coup la souveraineté nutritionnelle du pays. « Dans l’optique de soutenir l’écoulement de la production nationale de farine y compris la farine infantile, du couscous et de la semoule, l’importation desdits produits est suspendue sur toute l’étendue du territoire national jusqu’à nouvel ordre », indique le communiqué interministériel.

Un moratoire de deux (02) mois pour les opérations en cours

Conscient que des opérateurs économiques avaient déjà engagé des démarches d’importation avant la signature du texte, le gouvernement a aménagé une période transitoire. Ainsi, un délai de grâce de deux (02) mois à compter du 30 juillet 2026 est accordé aux importateurs ayant déjà engagé des procédures officielles afin de leur permettre d’achever leurs formalités en cours.

Passé ce délai de transition, tout contrevenant à ces dispositions s’exposera aux peines et sanctions prévues par la réglementation commerciale et douanière en vigueur.

Fermeté aux frontières et appel au signalement citoyen

L’exécutif compte sur la vigilance renforcée des forces de défense et de sécurité ainsi que des services de contrôle douanier et sanitaire aux postes-frontières pour assurer la stricte application de cet arrêté.

Pour signaler tout cas de non-respect ou de fraude, les citoyens et acteurs du marché sont invités à contacter les numéros verts gratuits suivants : 80 00 11 84 / 85 / 86.

Le communiqué interministériel a été conjointement paraphé par Serge Gnaniodem Poda (Ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat), le Commandant Ismaël Sombié (Ministre d’État, Ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources Animales et Halieutiques), Robert Lucien Jean-Claude Kargougou (Ministre de la Santé) et Aboubakar Nacanabo (Ministre de l’Économie et des Finances).


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