66 ans après son accession à l’indépendance, le Burkina Faso continue d’écrire son histoire. Présidents civils, régimes militaires, coups d’État et révolutions ont marqué la construction de cet État qui poursuit aujourd’hui, sous l’impulsion de la Révolution progressiste populaire (RPP), sa quête de stabilité, de souveraineté et de développement. Retour sur les grandes étapes d’une trajectoire nationale faite d’épreuves et guidée par la capacité de résistance du peuple burkinabè.
Par Abibata Kara, stagiaire – Burkina Yawana
1960 : la naissance d’un État indépendant
Le 5 août 1960, la Haute-Volta accède à l’indépendance après plusieurs années de colonisation française. Maurice Yaméogo devient le premier président de la jeune République. Son pouvoir est marqué par l’instauration du parti unique, mais aussi par des difficultés économiques et un mécontentement social grandissant. Le 3 janvier 1966, un soulèvement populaire soutenu par l’armée met fin à son régime. Le lieutenant-colonel Aboubacar Sangoulé Lamizana prend alors la direction du pays.
De Lamizana à Ouédraogo : une période marquée par des coups d’État
De 1966 à 1980, le général Aboubacar Sangoulé Lamizana dirige le pays. Son régime connaît une certaine stabilité institutionnelle, mais reste confronté aux difficultés économiques, aux conséquences des sécheresses sahéliennes et aux tensions sociales. Le 25 novembre 1980, le colonel Saye Zerbo renverse le général Lamizana par un coup d’État. Deux ans plus tard, le 7 novembre 1982, il est à son tour renversé par un nouveau mouvement militaire qui porte le médecin-commandant Jean-Baptiste Ouédraogo au pouvoir. Cependant, des divergences apparaissent vite au sein du pouvoir, notamment entre Jean-Baptiste Ouédraogo et le capitaine Thomas Sankara.
Thomas Sankara et la Révolution de 1983
Le 4 août 1983, Thomas Sankara prend le pouvoir. Il engage une révolution politique et sociale axée sur la souveraineté nationale, la lutte contre la corruption, l’émancipation des femmes, la protection de l’environnement, la santé publique et l’autosuffisance alimentaire. Le 4 août 1984, la Haute-Volta devient officiellement le Burkina Faso, « le pays des Hommes intègres ». Cette période a profondément marqué l’histoire de la nation et continue d’inspirer la trajectoire actuelle. Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara est assassiné lors d’un coup d’État qui porte Blaise Compaoré au pouvoir.
Blaise Compaoré : 27 ans de pouvoir et une fin marquée par l’insurrection
Après la disparition de Thomas Sankara, Blaise Compaoré dirige le pays pendant 27 ans. Son régime est marqué par l’adoption de la Constitution de 1991, le retour au multipartisme et plusieurs réformes économiques. Mais les contestations politiques et sociales s’intensifient au fil des années. En octobre 2014, une insurrection populaire éclate face à son projet de modification constitutionnelle. Cette mobilisation conduit à son départ du pouvoir le 31 octobre 2014.
Instabilité politique et montée du péril sécuritaire
Après la chute de Blaise Compaoré, le pays connaît une période d’instabilité, marquée par des régimes intérimaires et une tentative de coup d’État du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) en septembre 2015, déjouée par la mobilisation populaire et les forces armées. Roch Marc Christian Kaboré est élu président le 29 décembre 2015, puis reconduit en 2020.
Son mandat est lourdement affecté par l’émergence et la progression des attaques terroristes. Face à la dégradation de la situation sécuritaire, le pouvoir civil est renversé le 24 janvier 2022 par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba. Le 30 septembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré prend la tête du pays pour réorienter l’action nationale vers la libération totale du territoire.
La Révolution progressiste populaire (RPP) : reconquête et refondation
Aujourd’hui, le Burkina Faso est engagé dans la Révolution progressiste populaire (RPP). Plaçant la lutte contre le terrorisme, la reconquête de l’intégralité du territoire et le recouvrement de la souveraineté nationale au cœur de ses priorités, la RPP incarne une rupture stratégique et idéologique.
Sous cette dynamique révolutionnaire, les Forces de défense et de sécurité (FDS), les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) ainsi que l’ensemble de la population sont mobilisés pour la défense et la refondation de la patrie. La RPP prône la rupture avec les dépendances extérieures, la valorisation des ressources endogènes et l’affirmation de la dignité nationale.
Un peuple résilient tourné vers l’avenir
De 1960 à nos jours, le Burkina Faso a traversé de nombreux bouleversements : mutations politiques, crises sociales et défis sécuritaires majeurs. Malgré ces épreuves, le pays préserve son identité, sa cohésion et sa culture. À travers des événements d’envergure internationale comme le FESPACO, le SIAO ou la SNC, le Burkina Faso maintient son rayonnement culturel et intellectuel. À 66 ans, le pays des Hommes intègres réaffirme la résilience d’un peuple uni, debout et résolument engagé dans la construction de sa souveraineté à travers la Révolution progressiste populaire.

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