Journée de l’excellence scolaire : Le Capitaine Ibrahim Traoré interpelle la jeunesse et fustige l’inconscience des élites africaines

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Face aux élèves primés et aux acteurs du monde éducatif lors de la célébration de la Journée de l’excellence scolaire ce vendredi 4 septembre 2026, le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a délivré un discours direct, teinté d’une franche sévérité envers les dérives des gouvernants africains et d’un appel vibrant à la responsabilité de la jeunesse.

Par la rédaction – Burkina Yawana

Un constat amer sur le retard du continent

Sans détour, le Chef de l’État a comparé la trajectoire de l’Afrique à celle d’autres continents qui ont su émerger en quelques décennies. Pointant du doigt le drame de la migration clandestine, il a dénoncé l’inaction et le luxe ostentatoire des élites : « Tous les continents se développent plus ou moins. D’autres étaient dans des conditions pires que l’Afrique. En moins de 30, 40 ans, ils se sont lancés. Et l’Afrique est toujours dans la même misère. Regardez nos jeunes qui prennent la mer, ils meurent par milliers. Leurs corps sont rejetés sur les plages. Et nous, dirigeants africains, on est assis, on regarde cela. On continue de s’empiffrer dans des cérémonies. L’inconscience a atteint un niveau incroyable. »

Refus du fatalisme religieux et appel à l’intelligence collective

Rejetant l’habitude de rejeter la responsabilité des échecs humains sur le divin, le Capitaine Traoré a invité les élèves à faire un usage pragmatique et patriotique de leurs capacités intellectuelles. « Lorsque vous demandez à certains tout ça, ils disent non, c’est le fait de Dieu. Vous pensez que Dieu peut être content de nous dans ce comportement ? Jamais. Nous laissons nos jeunes mourir et on s’assoit. S’il vous plaît, Dieu est très bon. Il nous a créés avec l’intelligence. Exploitons notre intelligence pour faire ce que nous devons faire pour participer à la vie de la communauté. Et vous jeunes, vous devez le comprendre pour exploiter à bon escient votre intelligence pour participer à la vie de votre patrie », a-t-il déclaré.

« N’exploitons pas la religion à des fins perfides »

Le Président du Faso s’en est également pris au contraste saisissant entre les voyages de luxe des dirigeants à l’étranger et le sous-développement local, dénonçant l’usage de la foi comme un outil de manipulation sociale : « Ça plaît aujourd’hui à tout le monde de prendre son vol aller à Dubaï, d’aller je ne sais où en Chine. Et nous, nous vivons dans une porcherie. Excusez-moi le terme, c’est la réalité des faits. N’exploitons pas la religion à des fins perfides pour endormir, abêtir notre jeunesse, pire, nous enrichir et les laisser mourir. »

Souveraineté alimentaire et industrialisation : La jeunesse au cœur du projet

Revenant sur la question de la dépendance économique et des crises céréalières mondiales, le Capitaine Traoré a réitéré sa vision d’une rupture fondée sur l’autosuffisance et la transformation locale. Il a conclu son adresse en rappelant aux élèves que la transition industrielle du Burkina Faso ne pourra se faire sans des ressources humaines qualifiées : « L’Africain qui n’est pas capable de se nourrir, qu’il meurt. On doit être en mesure de produire. On ne doit pas dépendre des autres. On a assez de terre ici. Nous voulons produire, nous voulons transformer. Mais on ne peut pas le faire sans vous les jeunes, sans vous qui montez. On a besoin de vos intelligences. Regardez aujourd’hui, nous sommes en train de nous industrialiser, mais la ressource humaine manque. »

À travers ce discours marquant la rentrée des élites de demain, le message du Président Traoré est clair : l’excellence académique ne doit plus être un simple diplôme, mais le moteur de la souveraineté et du développement industriel du Burkina Faso.


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