Le Burkina Faso vient d’inscrire une page capitale dans le livre de sa souveraineté nationale. Ce vendredi 18 septembre 2026, la capitale Ouagadougou a abrité la cérémonie solennelle de rentrée académique et d’ouverture officielle de l’École de guerre, composante majeure de l’Institut de l’enseignement militaire supérieur Tiéfo Amoro (IEMS-TA).
Par la rédaction – Burkina Yawana
Présidée par le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, cette cérémonie marque la concrétisation de la vision stratégique portée par le Chef suprême des Armées, le Capitaine Ibrahim Traoré.
L’objectif affiché est clair : sortir du schéma historique de dépendance académique militaire pour bâtir, au sommet de l’État, une élite capable de conceptualiser la défense du territoire à travers une approche strictement endogène.
Rupture avec la dépendance et doctrine endogène
Dans une allocution incisive, le Premier ministre a rappelé la portée éminemment politique et géopolitique de cet événement. Pour le Chef du Gouvernement, la reconquête du territoire et l’affirmation de la souveraineté ne peuvent s’accommoder de l’exportation des cerveaux militaires vers des académies étrangères. « On ne peut parler de souveraineté en matière de défense et de sécurité tant que nous allons continuer à envoyer notre élite militaire en formation ailleurs », a martelé le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo.
Le lancement de l’IEMS-TA répond à un impératif d’autonomie doctrinale : concevoir les opérations militaires à partir des réalités sociopolitiques, des traditions guerrières et de l’expérience opérationnelle accumulée sur le terrain burkinabè.

Une dynamique continentale portée par l’émergence de l’IEMS-TA
L’Afrique compte aujourd’hui entre 20 et 25 Écoles de guerre et institutions équivalentes d’enseignement militaire supérieur du troisième degré, réparties entre les Écoles supérieures de guerre du monde francophone et arabophone (notamment au Cameroun, en RDC, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Maroc et en Algérie) et les National Defence Colleges du monde anglophone (notamment au Nigeria, au Ghana, au Kenya et en Afrique du Sud). Historiquement tributaires des académies occidentales, asiatiques ou russes, les armées du continent accélèrent depuis une décennie la création de leurs propres structures nationales afin d’affirmer leur souveraineté stratégique. Une dynamique continentale dans laquelle s’inscrit pleinement le Burkina Faso avec l’ouverture solennelle, cette semaine à Ouagadougou, de la première promotion de l’École de guerre de l’IEMS-TA, consacrant la volonté du pays de rompre avec la dépendance extérieure pour former ses propres stratèges et concevoir une doctrine de défense rigoureusement endogène.
Une promotion pionnière d’élite militaire
Cette première session académique rassemble un groupe restreint et hautement qualifié composé de 15 auditeurs, tous de nationalité burkinabè et titulaires du grade de lieutenant-colonel. Placés sous la direction académique et militaire du Commandant de l’IEMS-TA et de l’École de guerre, le Colonel-major Céleste Joseph Moussa Coulibaly, ces officiers s’engagent dans un cursus intensif de 11 mois dont la clôture est officiellement programmée pour août 2027. Durant cette formation d’élite, l’enseignement portera principalement sur la planification opérationnelle complexe, la conduite du haut commandement et l’analyse stratégique de défense.

Le Chef d’État-Major Général des Armées, le Général de division Moussa Diallo, a d’ailleurs rappelé à cette promotion pionnière l’ampleur de la mutation intellectuelle qui leur est demandée : dépasser le simple cadre d’exécution tactique pour devenir des esprits supérieurs capables de produire une pensée stratégique utile, d’anticiper les menaces et de conceptualiser l’avenir sécuritaire de la nation.

Les jalons d’un pôle d’excellence sous-régional
Sous l’impulsion de son commandement, l’IEMS-TA entend s’imposer à moyen terme comme une référence sous-régionale et continentale. La concrétisation de ce projet, rendue possible en un temps record grâce au concours du Ministre d’État, Ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, le Général de division Célestin Simporé, démontre la priorité accordée par l’exécutif à la modernisation des forces.
En dotant l’armée nationale d’une capacité autonome à « penser la paix et conduire la guerre », le Burkina Faso pose les fondations d’un appareil de défense autosuffisant, taillé pour répondre aux défis contemporains et préserver durablement l’intégrité de la nation.

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