Soutien à l’AES : À New-York, Robert Dussey recadre les puissances étrangères et défend l’Alliance des États du Sahel 

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En direct de New-York, où il participait aux travaux des Nations Unies, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, s’est exprimé au micro d’un média français. Avec la franchise pragmatique qu’on lui connaît, le diplomate en chef de Lomé a une nouvelle fois plaidé pour une approche réaliste et inclusive face à l’Alliance des États du Sahel (AES), tout en rappelant le rôle central du Burkina Faso, du Mali et du Niger dans la stabilité sous-régionale.

Par la rédaction – Burkina Yawana

L’AES, « une digue contre le terrorisme »

Pour le Togo, le soutien aux pays membres de l’AES n’est pas un simple choix diplomatique, mais une nécessité stratégique et sécuritaire. Face aux menaces sécuritaires qui secouent la bande sahélo-saharienne, Lomé estime que l’isolement n’est plus une option viable pour les partenaires internationaux. « La sécurité de l’AES dépend aussi de notre sécurité. L’AES constitue une digue contre le terrorisme, contre l’extrémisme violent », a martelé le chef de la diplomatie togolaise.

Selon Robert Dussey, la réalité du terrain rattrape aujourd’hui ceux qui s’étaient empressés de condamner l’alliance sahélienne. « Tous ces pays qui avaient condamné l’AES sont en train de renouer avec l’AES. Même les pays européens sont en train de renouer », a-t-il souligné, appelant à ne pas isoler la région.

Un appel direct aux États-Unis : « C’est irresponsable de ne pas coopérer »

S’adressant directement aux partenaires occidentaux, le ministre togolais n’a pas mâché ses mots concernant la lutte contre les groupes armés terroristes. Le diplomate invite notamment Washington à revoir sa posture au Sahel. Selon lui, Lomé préconise une collaboration militaire directe entre les États-Unis et l’AES, estimant qu’il serait manqué de sens des responsabilités de refuser de travailler main dans la main avec l’Alliance. Une déclaration qui résonne comme un appel à dépasser les postures dogmatiques au profit d’une sécurité collective efficace.

CEDEAO et AES : vers des relations pragmatiques

Interrogé sur les tensions passées entre l’organisation régionale et les pays de l’Alliance, le ministre togolais a tenu à dédramatiser la situation politique actuelle tout en renvoyant la balle aux observateurs et journalistes. « Pourquoi vous voulez que l’AES regagne la CEDEAO ? La CEDEAO n’a pas de problème d’ailleurs avec l’AES », a tranché le ministre, actant ainsi la dynamique d’autonomie stratégique prise par le Burkina Faso, le Mali et le Niger, tout en préservant les canaux de dialogue nécessaires à la coexistence pacifique dans l’espace ouest-africain.

À travers cette sortie médiatique depuis les tribunes internationales de New-York, le Togo confirme son statut de pont diplomatique majeur au Sahel, portant une voix pragmatique en faveur de la souveraineté et de la sécurité des peuples de l’AES.


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