La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Confédération des États du Sahel (AES) se sont réunies ce samedi à Dakar pour engager un dialogue officiel sur leur future coopération.
Les discussions ont été co-présidées par le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso et président du Comité ministériel de pilotage de l’AES, Karamoko Jean-Marie Traoré, et le ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères du Sénégal, président du Conseil des ministres de la CEDEAO, Cheikh Niang.
Par la rédaction – Burkina Yawana
Principes de souveraineté et de bon voisinage
Dans leur communiqué conjoint, les deux délégations rappellent la profondeur des liens historiques et économiques entre les populations de la sous-région. Elles indiquent que leurs relations futures s’appuieront sur le bon voisinage, le respect de la souveraineté, la dignité et les intérêts des peuples ouest-africains. Cette rencontre fait suite aux premières consultations engagées le 22 mai 2025 à Bamako, au Mali.
Création de groupes de travail thématiques
Afin d’aboutir à un accord-cadre de coopération bilatéral, la CEDEAO et l’AES ont décidé de mettre en place des groupes de travail thématiques conjoints. Ces équipes d’experts mèneront des échanges techniques sectoriels dont les conclusions seront soumises aux ministres avant la prochaine session. La date et le lieu de cette future réunion ministérielle seront arrêtés par voie diplomatique.
Remerciements au Sénégal
Les deux parties ont exprimé leur gratitude au président de la République du Sénégal et président en exercice de la CEDEAO, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, ainsi qu’au gouvernement et au peuple sénégalais pour la tenue de cette rencontre.
Un dialogue qui survient après une rupture historique
Ce rapprochement inédit intervient après plusieurs mois de fortes tensions. La rupture formelle s’est concrétisée le 28 janvier 2024 lorsque le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont annoncé leur retrait « sans délai » de la CEDEAO, une décision officialisée au niveau communautaire un an plus tard, fin janvier 2025. Les trois pays saheliens, regroupés au sein de la Charte du Liptako-Gourma signée le 16 septembre 2023 pour créer l’Alliance des États du Sahel (AES), dénonçaient le manque d’assistance de la CEDEAO face au terrorisme, l’illégalité des sanctions économiques et financières étouffantes imposées après les changements politiques, ainsi que l’influence supposée de puissances étrangères sur l’organisation régionale. La création de la Confédération de l’AES le 6 juillet 2024 à Niamey est venue sceller la volonté des trois États de fonder un espace de souveraineté et de défense collective indépendant. Les discussions engagées à Dakar marquent ainsi une volonté pragmatique de rebâtir des ponts et de réguler les échanges socio-économiques indispensables entre l’AES et l’organisation régionale.

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