Bénin : Claudy Siar demande le retrait de CNews des bouquets Canal+ et saisit la HAAC

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Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux ce lundi soir, l’animateur et haut fonctionnaire béninois Claudy Siar est monté au créneau. Le Chargé de mission du Président de la République du Bénin pour la Culture, les Médias et la Visibilité exige purement et simplement le retrait de la chaîne d’information française CNews des offres de diffusion de Canal+ au Bénin.

Par la rédaction – Burkina Yawana 

C’est une prise de position forte et engagée. Interpellant directement la direction du groupe Canal+ au Bénin, Claudy Siar dénonce la ligne éditoriale et les dérives répétées du média français, qu’il accuse d’insulter ouvertement le continent africain et ses peuples : « Les Africains sont insultés et dénigrés dans leurs identités plurielles. Si la France l’accepte, le Bénin ne saurait tolérer cela », martèle-t-il.

Rappelant que la chaîne a été condamnée à plusieurs reprises en France pour discrimination et injures raciales, il estime que la formulation de cette demande relève d’un « sens des responsabilités et de dignité ». Claudy Siar s’entretiendra ce mardi 20 octobre avec le Président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) du Bénin pour donner une suite institutionnelle à sa démarche.

Une vague de rejet qui s’inscrit dans le sillage de l’AES

Cette initiative béninoise résonne avec la dynamique de rupture médiatique engagée par les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, la dénonciation d’un traitement journalistique jugé stigmatisant, hostile ou déstabilisateur a conduit à la suspension quasi-totale des grands médias audiovisuels et de presse français.

Au Mali, précurseur du mouvement, Bamako a coupé définitivement les signaux de RFI et France 24 en mars-avril 2022. Le gouvernement de transition reprochait aux deux médias la diffusion d’accusations de violations des droits humains imputées aux Forces armées maliennes (FAMA).

Au Burkina Faso, le Conseil supérieur de la communication (CSC) a progressivement suspendu RFI en décembre 2022, France 24 en mars 2023, la chaîne LCI en juin 2023, le mensuel Jeune Afrique en septembre 2023 ainsi que TV5Monde. Ouagadougou dénonce une couverture biaisée de la guerre contre le terrorisme et le relais de la propagande des groupes armés.

Au Niger, dans la foulée du changement de régime, Niamey a d’abord suspendu RFI et France 24 en août 2023, avant que l’autorité de régulation n’élargisse les mesures d’interdiction à d’autres médias français comme TV5Monde, l’AFP et Mediapart, accusés d’atteinte à l’ordre public et d’ingérence.

Si la démarche de Claudy Siar au Bénin repose sur la défense de la dignité face au racisme et aux discours de haine, elle illustre un tournant plus large : sur l’ensemble du continent, la présence des médias français est de plus en plus contestée par les acteurs politiques et les citoyens.


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