« Quel modèle de fonctionnaire pour la RPP ? ». La question est vaste, mais elle a trouvé des réponses précises lors de la sixième journée de la Semaine d’accueil et d’orientation (SAO) 2026 de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM). Organisée sous la supervision du Directeur général de l’école, le Dr Jacob Yarabatioula, qui déploie des initiatives nouvelles et novatrices pour moderniser l’institution et renforcer la formation des cadres de l’État, cette journée a réuni un auditoire de 700 nouveaux stagiaires, toutes filières et tous cycles confondus. À cette occasion, l’ancien ministre de la Culture (2018-2021) Abdoul Karim Sango a animé une conférence consacrée au profil de l’agent public attendu au Burkina Faso.
Par la rédaction – Burkina Yawana
Au-delà de la nature des systèmes politiques, l’intérêt général demeure le viatique des futurs cadres de l’État. Ce principe doit les accompagner de la formation jusqu’aux plus hautes responsabilités administratives et éclairer chacun de leurs choix. Entendue au sens d’Hannah Arendt comme le commencement d’un ordre nouveau, la Révolution offre l’occasion de mieux servir le peuple, seul destinataire du service public. Pour réussir leur carrière, les fonctionnaires doivent ainsi s’approprier l’esprit et la lettre de cette dynamique.
Comme l’a souligné l’enseignant-formateur à l’ENAM, l’esprit tient en trois mots : souveraineté, endogénéité et pragmatisme. Mais un esprit ne dure que s’il s’incarne dans des institutions, ce qui constitue précisément le rôle du fonctionnaire. La lettre, quant à elle, réside dans le statut général de la fonction publique et les codes d’éthique et de déontologie. Ils doivent servir de bréviaire aux agents : un cap dont ils ne devraient jamais se détourner.
À la lumière de récentes confusions entretenues sur les réseaux sociaux autour d’incidents administratifs dans des établissements scolaires, un rappel de quelques principes majeurs de déontologie s’impose dans l’exercice quotidien de la fonction publique.
En premier lieu, le devoir d’obéissance s’impose au fonctionnaire dans le service. Un agent n’a pas le droit de refuser d’exécuter l’ordre de son supérieur hiérarchique, sauf exception très limitée : l’ordre doit être manifestement illégal et sans rapport avec les missions normales de l’agent, à l’instar d’une injonction à détourner des ressources publiques. En revanche, un simple désaccord sur l’organisation du service ou la gestion des effectifs ne justifie pas un refus. L’agent doit exécuter l’ordre, puis faire valoir ses réserves par écrit et saisir la hiérarchie compétente.
En second lieu, le juriste rappelle que la demande d’explication n’est nullement une sanction. C’est un acte préparatoire qui s’inscrit dans le respect des droits de la défense. Plutôt que de se braquer, le fonctionnaire concerné a tout intérêt à rédiger une réponse soignée et argumentée. Elle peut atténuer la sanction envisagée et constituera un élément déterminant s’il souhaite contester la décision par la suite.
En troisième lieu, la publication de documents administratifs sur les réseaux sociaux constitue un manquement à l’obligation de discrétion professionnelle. Les auteurs de ces publications s’exposent à des poursuites disciplinaires, que l’on soit supérieur ou subordonné. Le conférencier l’a résumé ainsi : obéir à la hiérarchie n’est pas renoncer à ses droits. Le fonctionnaire est tenu à des devoirs, mais il bénéficie aussi de garanties et de recours. C’est cet équilibre que beaucoup de commentaires perdent de vue.

Outre cette communication doctrinale, cette journée d’orientation a permis de présenter aux nouveaux énarques les différentes structures d’accompagnement de l’institution, à savoir le Bureau des stagiaires, l’Association des Alumni de l’ENAM ainsi que l’Alliance des femmes énarques engagées pour l’apprentissage et le changement (AFENEC). À travers ces rencontres initiées sous la conduite du Dr Jacob Yarabatioula, le management de l’école confirme sa volonté d’offrir un cadre moderne et structurant, essentiel pour faciliter l’intégration des stagiaires et consolider leur engagement républicain au service de l’État.

Votre commentaire