Depuis quelques jours, une polémique stérile agite les amphis et les réseaux sociaux. Des étudiants burkinabè, récemment revenus de Côte d’Ivoire pour poursuivre leur cursus au pays – ceux que l’on nomme affectueusement les « Diaspos » -, font entendre leurs griefs. Selon eux, les conditions d’accueil et d’études au Burkina Faso ne seraient pas à la hauteur de leurs attentes.
À ces jeunes frères et sœurs, il convient d’adresser un rappel empreint de franchise et de maturité : l’adage africain nous enseigne qu’on ne montre jamais son village de la main gauche.
Par la rédaction – Burkina Yawana
Venir étudier au Burkina Faso, c’est intégrer une réalité nationale pétrie de défis, mais aussi de résilience. Faut-il rappeler une vérité essentielle ? Le passage des frontières ne transforme pas la condition sociale par enchantement. Si tu dormais dans un « chambre-salon » là-bas, c’est le même niveau social qui t’attend ici. À l’inverse, d’autres étudiants revenus de cette même Côte d’Ivoire n’ont sollicité ni cité universitaire ni restaurant universitaire, tout simplement parce que leurs moyens familiaux leur permettent de s’en passer.
Soyons lucides et pragmatiques : en quittant la Côte d’Ivoire – où la majorité ne résidait d’ailleurs pas à Abidjan la capitale -, nul ne devait s’attendre à déposer ses valises dans un hôtel cinq étoiles ou à s’attabler dans un restaurant trois étoiles. L’université publique est un terrain de combat académique, pas un complexe touristique.
Un chemin déjà tracé par les aînés
Cette vague de retour n’a rien d’inédit. Depuis les années 1990, des milliers de « Diaspos » venus de Côte d’Ivoire ont regagné la terre des Hommes intègres. Ils ont affronté les mêmes réalités, partagé les mêmes bancs, franchi les mêmes obstacles avec humilité et détermination. Aujourd’hui, ces aînés forment l’épine dorsale de notre nation : ils sont des milliers à servir avec brio dans l’administration publique, à entreprendre et à faire tourner le secteur privé. Ils n’ont pas bâti leur avenir dans la réclamation, mais dans le travail acharné.
L’urgence du recentrage
À toute cette jeunesse réside un seul mot d’ordre : le recentrage. Le Burkina Faso traverse une période décisive de son histoire où chaque bras et chaque cerveau compte. Vos parents ont placé leurs espoirs et leurs sacrifices dans votre éducation. C’est uniquement en obtenant vos diplômes et en développant vos compétences que vous deviendrez utiles à vos familles et à la Nation.
La patrie accueille tous ses enfants avec dignité, mais elle exige d’eux du courage et du réalisme. Laissez les plaintes inutiles aux portes des facultés, concentrez-vous sur l’essentiel et faites honneur à ceux qui croient en vous.

Votre commentaire