Phénomène de société en plein essor au Burkina Faso, la prolifération des faux prophètes, des « Adja » autoproclamées et des faux praticiens traditionnels inquiète. L’artiste musicien burkinabè Grand Docteur (anciennement connu sous le nom de Petit Docteur) a décidé de monter au créneau. À travers son nouveau single évocateur intitulé « Escrocs », sorti ce week-end, il livre un réquisitoire sévère contre ceux qu’il qualifie de marchands d’illusions.
Par la rédaction – Burkina Yawana
Un cri du cœur pour protéger les populations vulnérables
Dans les colonnes de Burkina Yawana, l’artiste ne mâche pas ses mots. Pour lui, ce nouveau titre ne vise pas à jeter l’opprobre sur l’ensemble de la médecine traditionnelle ou de la spiritualité, mais à mettre en lumière une escroquerie à grande échelle qui gagne du terrain.
« « Escrocs ! », c’est un titre qui dénonce les faux Cheikh, les faux Adja guérisseurs, les faux pasteurs et les tradi-praticiens qui inondent nos chaînes de télévision, nos radios et les réseaux sociaux. Ils font la promotion du faux, s’enrichissent et profitent sur le dos de nos pauvres populations à la recherche de la santé et de quoi survivre », confie l’artiste.
Grand Docteur pointe également du doigt une dérive particulièrement alarmante : l’utilisation de personnes vulnérables comme appâts sur certains sites de guérison pour attirer davantage de monde. Se positionnant en porte-parole des sans-voix, il estime qu’il est de son devoir d’artiste d’éveiller les consciences et d’appeler la population à la plus grande vigilance face aux charlatans.
Au-delà des « Adja », la remise en cause des figures religieuses
Si le phénomène des « Adja » – ces femmes aux pratiques mystiques très médiatisées – retient particulièrement l’attention, le coup de gueule du musicien élargit le champ des accusations. Hommes religieux véreux, faux guides spirituels et faux pasteurs sont logés à la même enseigne. Tous profitent de la détresse sociale, du chômage et de la maladie pour extorquer de l’argent à des citoyens naïfs ou en quête de repères.
Toutefois, l’artiste nuance son propos en reconnaissant la légitimité des figures authentiques : « Bien vrai qu’il existe de vrais guérisseurs, de vrais pasteurs et de vrais tradi-praticiens depuis la nuit des temps, et qu’il en existera toujours… »
Un appel pressant à la régulation du secteur
Face à ce qu’il qualifie de Far West médiatique et spirituel, Grand Docteur appelle les autorités à sévir. Pour lui, il est urgent de réguler ce secteur pour mettre fin à l’impunité de ces marchands d’illusions qui profitent de la liberté de communication, notamment sur les réseaux sociaux et dans certains médias audiovisuels, pour duper le public.
À travers « Escrocs », Grand Docteur signe bien plus qu’une simple œuvre musicale : c’est un véritable outil de sensibilisation citoyenne qui invite les Burkinabè à redoubler de prudence face aux mirages de la guérison facile et du miracle instantané.
« Escros » est à écouter ici: https://urls.fr/JC0-_p

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