Coopération Burkina-Russie : Jean Emmanuel Ouédraogo réaffirme la souveraineté à Moscou

Publié par

le

En visite officielle à Moscou pour prendre part au sommet Russie-Afrique en tant que représentant du chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré, le premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo a accordé une interview exclusive à RT en français ce mardi 27 octobre 2026. Interrogé au cœur de la capitale russe, le chef du gouvernement a posé les jalons d’une diplomatie décomplexée et d’un partenariat renouvelé, recadrant sans détours les détracteurs et réaffirmant le cap d’une indépendance totale.

Par la rédaction – Burkina Yawana

Au cours de cet entretien à haute portée symbolique et politique, le chef du gouvernement a balayé d’un revers de main les accusations formulées par certains observateurs occidentaux et officines de manipulation. Face à ceux qui soutiennent que le Burkina Faso aurait simplement substitué un partenariat à un autre, Jean Emmanuel Ouédraogo a apporté un démenti catégorique. « Nos relations avec la Russie, les détracteurs, ceux qui sont champions de la manipulation, avaient vite fait de dire : ils ont quitté un maître pour rejoindre un autre maître. Non. Nous avons quitté un type de coopération pour un autre type de coopération », a-t-il précisé.

Cette réorientation stratégique vers la Fédération de Russie repose, selon le premier ministre, sur des principes cardinaux de transparence et d’équité. Il a souligné que Moscou s’inscrit dans un rapport de considération mutuelle, respectueux de l’identité et du patrimoine des nations africaines. « Avec la Russie nous sommes dans une coopération honnête, transparente, d’égal à égal et dans l’intérêt partagé des peuples. Évidemment la Russie n’a jamais colonisé un pays africain. La Russie ne vient pas effacer ce qui existe dans nos États en termes de ressorts endogènes, nos langues, nos cultures… ce n’est pas de cela qu’il s’agit », a martelé le Premier ministre, insistant sur le fait que la sauvegarde de l’intérêt supérieur de l’État demeure la ligne rouge infranchissable de toute alliance.

Ce rapprochement prend toute sa mesure au regard du bilan tiré des décennies de relations avec l’ancienne puissance coloniale. Sans équivoque, Jean Emmanuel Ouédraogo a acté le divorce avec les méthodes paternalistes, affirmant que le Burkina Faso est désormais tourné exclusivement vers son avenir. « Ce qui est complètement différent de ce qui était là avec la France impérialiste. Aujourd’hui, nous ne voulons même plus nous focaliser sur ça. Quand vous avez trop le regard dans le rétroviseur, vous risquez de perdre le Nord. Nous regardons devant, la France est derrière nous », a-t-il lancé, inscrivant l’action publique dans une dynamique de rupture irréversible.

Loin d’être isolé ou fragilisé par ces recompositions géopolitiques, le pays s’appuie sur ses forces vives pour bâtir un modèle souverain. Le chef de l’exécutif a rappelé que l’émancipation burkinabè repose prioritairement sur la mobilisation interne et le patriotisme de ses citoyens. « Nous nous avançons résolument, conscients de nos capacités, sûrs de nos potentialités et la première de ces potentialités, c’est le peuple burkinabè, c’est le potentiel humain dont nous disposons, c’est notre jeunesse et ensuite évidemment, toutes les richesses dont la nature a doté notre pays. Nous comptons les exploiter pour développer notre pays », a-t-il affirmé.

Abordant le volet économique et les prédictions alarmistes nées du départ des organismes d’aide traditionnels, le Premier ministre s’est félicité de la résilience et de la dynamique de transformation nationale actuellement à l’œuvre. « Le Burkina Faso est en chantier, pratiquement dans tous les domaines et beaucoup de gens partout s’interrogent : mais comment ce pays fait ? Certains avaient pensé qu’après le départ de l’Agence française de développement, les ruptures de relations avec la France, que tout allait s’arrêter, que le pays allait sombrer… Le Burkina Faso ne s’est jamais porté aussi bien qu’aujourd’hui sur le plan économique, financier, le plan du développement et les indicateurs sont là pour l’attester ! », a conclu le chef du gouvernement.

Cette prise de parole à Moscou concrétise une rupture diplomatique amorcée dès début 2023 avec la dénonciation de l’accord d’assistance militaire et le départ des forces spéciales françaises, suivie en août 2023 de la suspension des aides au développement de l’AFD. Le processus s’est accéléré début 2024 avec la dénonciation des conventions fiscales bilatérales, jusqu’à la rupture définitive des relations diplomatiques actée au premier semestre 2024 avec le rappel des ambassadeurs. S’inscrivant dans la vision souverainiste portée aux côtés de la Confédération des États du Sahel (AES), Ouagadougou démontre ainsi que son repositionnement stratégique relève d’une dynamique irréversible.


En savoir plus sur Burkina Yawana

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Votre commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En savoir plus sur Burkina Yawana

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture