Dans une déclaration poignante et empreinte de panafricanisme, l’artiste, auteur-compositeur et militant guinéen Elie Kamano est monté au créneau pour condamner fermement les humiliations subies par des orpailleurs burkinabè de retour au pays. Une prise de parole forte qui met en lumière les dérives d’une gestion sécuritaire défaillante et appelle à la renaissance des valeurs de fraternité africaine.
Par la rédaction – Burkina Yawana
La pilule avait du mal à passer. Ces derniers jours, des images insoutenables de ressortissants burkinabè, contraints de quitter la Guinée dans des conditions indignes après des mesures d’interdiction de l’orpaillage clandestin, ont fait le tour des réseaux sociaux. Face à cette vague d’indignation, l’artiste guinéen Elie Kamano a brisé le silence dans un communiqué vibrant, adressé directement « au peuple intègre du Burkina Faso ».
Condamnation de l’humiliation et rappel historique
Tout en reconnaissant la légitimité des États à lutter contre l’orpaillage clandestin – une pratique destructrice pour l’environnement -, l’artiste s’est indigné contre la violence et le mépris dont ont fait l’objet ses frères africains. Il a particulièrement fustigé le comportement d’une communicante du CNRD (le pouvoir guinéen) s’étant illustrée en exposant publiquement et de manière humiliante des Burkinabè cherchant simplement à regagner leur patrie.
Pour Elie Kamano, ces scènes contrastent cruellement avec l’histoire glorieuse de la Guinée : « Cette même terre qui a accueilli Kwame Nkrumah… Cette même terre dont le président Sékou Touré avait fait un foyer du panafricanisme… Cette même Guinée qui, en 1975, avait contribué à la réconciliation entre les présidents Moussa Traoré du Mali et Sangoulé Lamizana de la Haute-Volta [aujourd’hui Burkina Faso, ndlr]. »
Faute d’un encadrement sécuritaire adéquat de la part des autorités pour faciliter leur rapatriement, ces pèlerins économiques ont été la cible d’attaques, dépouillés de leurs biens et contraints de marcher des kilomètres à pied sur la terre de Sékou Touré.
Un appel vibrant à la dignité et au respect mutuel
Au nom de son peuple, l’artiste a tenu à exprimer sa contrition : « Je tiens à présenter mes excuses aux peuples frères du Burkina Faso, au président, le camarade Ibrahim Traoré, ainsi qu’aux membres de son gouvernement. »
Il a également pointé du doigt l’absence totale de mesures de protection pour garantir un retour digne à ces compatriotes, rappelant que l’Afrique de demain ne pourra se construire sur le mépris et le piétinement de la dignité humaine.
Une sortie médiatique saluée par de nombreux observateurs comme un baume sur les relations fraternelles unissant Ouagadougou et Conakry, rappelant que par-delà les lois nationales, la solidarité interafricaine doit rester un rempart inébranlable contre la division.

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