L’histoire s’écrit sous les yeux d’une nation en fête. Ce dimanche 8 novembre 2026, au terme de la 10e et ultime étape disputée entre Dapelogo et la capitale, Paul Daumont a définitivement scellé son nom au panthéon du sport continental. En conservant la précieuse tunique d’or sur le circuit urbain du boulevard Thomas Sankara, sous le regard du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, le chef de file des Étalons cyclistes ne s’est pas seulement adjugé une compétition : il a accompli un exploit inédit dans les annales de la petite reine. Paul Daumont devient le tout premier coureur de l’histoire à remporter le Tour du Faso deux années consécutives, et le tout premier cycliste à décrocher la couronne finale à trois reprises (2021, 2025 et 2026).
Par la rédaction – Burkina Yawana
Du 30 octobre au 8 novembre 2026, cette 37e édition a parcouru 1 402,4 km découpés en 10 étapes à travers 8 régions du pays. Au terme de cette grande boucle soutenue par un budget d’État de 420 000 000 FCFA et une enveloppe globale des primes portée à 57 255 000 FCFA par le Chef de l’État, la régularité et la science de la course du champion burkinabè ont fait la différence. En empochant la prime record de 4 800 000 FCFA réservée au vainqueur du classement général individuel, Paul Daumont confirme sa suprématie face à un plateau relevé de 61 coureurs et 15 délégations d’Afrique et d’Europe.
La trajectoire d’un surdoué du guidon
Âgé de 27 ans (né le 1er septembre 1999), Paul Daumont incarne l’alliance parfaite entre puissance athlétique, intelligence tactique et sang-froid d’acier. Initié très jeune à la passion du vélo et formé à la rigueur de la compétition, le phénomène burkinabè s’est construit un palmarès exceptionnel sur les routes locales et internationales.
Sur le plan des clubs, son aventure a pris son envol au Burkina Faso sous les couleurs de l’AS Bessel, club avec lequel il a régné sur le championnat national et accumulé les victoires d’étapes continentales. Désireux de franchir un cap et d’évoluer au plus haut niveau, le champion burkinabè est aujourd’hui le chef de file du Guidon Schwenheim, club de Division Nationale en France où il continue d’affûter son talent. Figure proue du cyclisme burkinabè, il a également porté les couleurs nationales au plus haut niveau mondial en représentant le Burkina Faso aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020 (disputés en 2021).
Révélé par son explosivité lors des sprints et sa capacité à encaisser les kilomètres sous des chaleurs écrasantes, le leader de l’équipe nationale des Étalons sait attaquer aux moments propices, neutraliser les offensives adverses avec méthode et s’appuyer sur une cohésion d’équipe sans faille.
Sa gestion de la 9e étape entre Tenkodogo et Ziniaré (166,80 km) ce samedi 7 novembre en offre une illustration frappante. Alors que l’Algérien Hamza Amari s’imposait en solitaire à 42,708 km/h de moyenne, Paul Daumont est resté imperturbable au cœur du peloton. Parfaitement scellé au sein du collectif des Étalons, il a contrôlé ses rivaux directs pour arracher le maillot jaune à la veille de l’apothéose. Lors de l’ultime boucle à Ouagadougou ce dimanche, malgré la victoire d’étape du coureur algérien Azzedine Lagab, le champion burkinabè a veillé à préserver son avantage au classement général jusqu’au franchissement de la ligne.

Un triple sacre ancré dans le leadership et la résilience
Pionnier du cyclisme africain depuis sa création en 1987 sous le leadership révolutionnaire du Capitaine Thomas Sankara, le Tour du Faso n’avait encore jamais vu un homme réaliser une telle passe de trois. En rééditant son exploit de l’année précédente et en inscrivant son nom une troisième fois au palmarès de la grande boucle après 2021 et 2025, Paul Daumont dépasse les légendes de la discipline et pose un jalon majeur pour le sport national.
Au-delà de la performance purement sportive, ce triomphe résonne fortement auprès du public burkinabè. Tout au long des 1 402,4 km de parcours sécurisés par les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), Paul Daumont a porté les espoirs d’un peuple mobilisé derrière ses figures d’excellence. Par son abnégation, sa discipline et son patriotisme, le triple vainqueur de la boucle nationale s’impose comme un modèle pour la jeunesse et l’incarnation vivante de la résilience du Burkina Faso sur la scène internationale.

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