Chaque dimanche, Burkina Yawana prend le pouls de la nation et pose un regard sans concession sur les soubresauts de notre marche commune. Ce weekend, l’actualité nous impose un cri du cœur, un coup de gueule mais aussi un vibrant hommage à la promptitude de notre État. La pilule est amère, dure à avaler : des milliers de nos compatriotes, partis chercher l’or et le pain quotidien dans la sueur sur les terres de la République de Guinée, ont été jetés sur les routes de l’exode, chassés dans des conditions indignes.
Par la rédaction – Burkina Yawana
Certes, mettons les choses au clair d’entrée de jeu : nul ici ne fait l’apologie de l’anarchie. Que la Guinée veuille assainir son secteur minier artisanal et protéger ses cours d’eau, ses terres agricoles et ses forêts, c’est son droit souverain le plus strict. D’ailleurs, le Burkina Faso lui-même, sous la houlette de ses dirigeants, est engagé dans un combat implacable pour discipliner l’orpaillage et mettre fin au Far West de l’or clandestin. La régulation est une nécessité vitale pour nos économies et notre environnement.
Entre frères d’Afrique, la méthode a péché
Cependant – et c’est là que le bât blesse -, entre pays frères, entre nations qui aspirent à s’affranchir des vieux démons de la domination et qui proclament haut et fort les idéaux du panafricanisme, la forme compte autant que le fond.
Fallait-il traiter nos compatriotes de la sorte ? Non. Le panafricanisme ne se nourrit pas de slogans creux brandis dans les salons climatisés pour être piétinés sur le terrain au premier coup de pioche. Quand on prône l’intégration et la solidarité au sein de l’Espace AES (Alliance des États du Sahel) et de l’Afrique entière, on ne traite pas les citoyens d’un État partenaire comme des parias indésirables. La souveraineté ne doit jamais s’accompagner de la cruauté.
La patrie veille : L’État au rendez-vous de la solidarité
Mais face à la détresse, la réaction de notre patrie a sonné comme une réponse de guerriers solidaires. Pas question de laisser nos enfants, nos frères, croupir sur les routes de la Haute-Guinée ou errer dans les méandres du Mali voisin.
Dès les premières heures de cette crise, le gouvernement burkinabè a frappé fort et juste. Une délégation de haut niveau menée par le ministre de la Sécurité, le Commissaire divisionnaire de police Mahamadou Sana, s’est transportée d’urgence à Bamako pour coordonner les opérations sur le terrain. C’est une véritable noria logistique qui a été déployée : une centaine de bus mobilisés, dont une première vague massive de plus de quarante à cinquante cars acheminés d’urgence sur le territoire malien pour exfiltrer nos compatriotes de la zone de turbulences. Des vivres, des produits de première nécessité, un encadrement sanitaire pour panser les corps et les cœurs meurtris : Ouagadougou a montré à la face du monde que plus aucun Burkinabè ne sera désormais un orphelin de la République, où qu’il se trouve sur cette terre d’Afrique. Nos transporteurs privés se sont eux-mêmes levés comme un seul homme, main dans la main avec les autorités, prouvant que la fibre patriotique est notre ciment le plus solide.
Transformer la crise en opportunité : Le chantier intérieur
Ce retour massif de nos orpailleurs doit aussi sonner l’heure de la lucidité nationale. Le gouvernement burkinabè est engagé dans une dynamique ferme d’encadrement, de formalisation et de nettoyage de l’orpaillage clandestin à l’intérieur de nos propres frontières – à l’image des opérations musclées menées par nos Unités Combattantes et les Eaux et Forêts pour traquer la fraude, assainir les sites et protéger nos écosystèmes.
L’orpaillage anarchique « qui nourrit son homme tout en le tuant » doit muter. Ces milliers de bras valides qui reviennent au bercail ne doivent pas être perçus comme un fardeau, mais comme une ressource humaine précieuse. C’est le moment d’accélérer leur réinsertion dans des structures d’orpaillage moderne, légal, ou dans les grands chantiers de production agricole et de défense de la patrie.
À nos frères qui reviennent meurtris, disons ceci : le Burkina Faso est débout, fier et protecteur. Il n’y a pas de sot métier, mais il n’y a surtout pas de pays qui vaille la peine d’essuyer le mépris des autres lorsqu’on peut bâtir sa propre souveraineté chez soi.

Votre commentaire