RDC : Félix Tshisekedi prêt pour un troisième mandat « si le peuple le veut »

Publié par

le

Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi soir à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a brisé le tabou sur son avenir politique. Entre velléités de changement constitutionnel et conditions sécuritaires liées à la guerre à l’Est, le chef de l’État a posé les jalons d’un débat qui s’annonce électrique pour l’avenir du pays.

L’ambiguïté n’est plus de mise concernant la possibilité pour le président de briguer un troisième mandat. Interrogé sur cette question sensible, Félix Tshisekedi s’est montré particulièrement ouvert à l’idée, tout en plaçant la responsabilité du choix final sur le souverain primaire.

Il a déclaré qu’il n’avait pas sollicité ce mandat supplémentaire, mais qu’il l’accepterait si le peuple le lui demandait. Cette déclaration s’accompagne d’une volonté assumée de réviser, voire de changer la Constitution actuelle par voie de référendum. Pour le président, cette démarche est une fidélité aux racines de son parti, l’UDPS, qui s’était opposé à la loi fondamentale dès 2006.

Conscient de la sensibilité du sujet, le chef de l’État a toutefois appelé à un débat apaisé, sérieux et transparent. Il refuse que les questions d’intérêt national soient caricaturées ou confisquées par une partie de la classe politique. Pour justifier sa vision à long terme, il a souligné que si l’homme politique pense aux prochaines élections, l’homme d’État, lui, doit penser aux prochaines générations.

Cependant, au-delà des réformes constitutionnelles, Félix Tshisekedi a posé une condition majeure à la tenue même du prochain scrutin prévu en 2028 : la libération totale du territoire.

Le président a été formel sur le fait qu’il est impossible d’organiser des élections si des parties du Nord et du Sud-Kivu restent occupées par les forces rwandaises. Il a justifié cette position en invoquant la situation de guerre actuelle, précisant que toute absence de vote en 2028 ne serait pas le résultat de son refus, mais d’une contrainte sécuritaire majeure, comparable à celle vécue par l’Ukraine.

Face aux critiques l’accusant de vouloir instrumentaliser le conflit à l’Est pour se maintenir au pouvoir, Félix Tshisekedi a fermement rejeté ces allégations devant la presse nationale et internationale. Pour le Président, l’urgence demeure l’intégrité territoriale, faisant de la fin de l’occupation le préalable absolu à tout exercice démocratique futur. L’opposition et la société civile devraient rapidement réagir à ces annonces qui redéfinissent le paysage politique congolais.


En savoir plus sur Burkina Yawana

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Votre commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En savoir plus sur Burkina Yawana

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture