Face à la recrudescence inquiétante des discours de haine, des appels à la violence et de l’intolérance religieuse sur le cyberespace burkinabè, le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Ouaga I, Blaise Bazié, a animé un point de presse ce vendredi 22 mai 2026. L’objectif est clair : sonner la fin de la récréation et annoncer un durcissement drastique des sanctions contre les cyber-délinquants.
Dans un contexte national marqué par la lutte acharnée contre le terrorisme, la cohésion sociale et le vivre-ensemble sont des remparts sacrés que le Parquet de Ouaga I entend protéger coûte que coûte. C’est le message fort véhiculé par le Procureur du Faso, Blaise Bazié, face aux professionnels des médias. Pour le magistrat, alors que le pays fait preuve d’une résilience exceptionnelle sous la dynamique du Président du Faso, certains individus choisissent d’utiliser les technologies de l’information à des fins purement nuisibles, sapant ainsi les fondements de l’unité nationale à travers Facebook, TikTok ou des groupes WhatsApp.
L’espace numérique n’est pas une zone de non-droit
Le Procureur a été on ne peut plus clair : la liberté d’expression ne saurait servir de bouclier pour propager la haine ou inciter à la division. Il a martelé que l’espace numérique n’est pas une zone de non-droit et que les écrits, audios, vidéos ou directs diffusés en ligne tombent sous le coup du Code pénal. L’article 322-4 prévoit notamment des peines allant de six mois à trois ans de prison assorties de lourdes amendes pour tout discours public incitant à l’intolérance. Cette peine peut s’étendre jusqu’à dix ans d’emprisonnement ferme si ces propos entraînent des violences contre des personnes ou des destructions de biens.
Un bilan ferme pour le premier trimestre 2026
Grâce à une collaboration étroite avec la Brigade Centrale de Lutte Contre la Cybercriminalité (BCLCC), le dispositif de surveillance a déjà produit des résultats palpables. Durant les trois premiers mois de l’année, quatorze personnes ont été interpellées pour des faits d’incitation à la haine ou de propos religieux conflictuels. Parmi elles, huit ont été condamnées à des peines de Travail d’intérêt général (TIG) auprès de la brigade LAABAL, quatre ont bénéficié d’une médiation pénale après versement d’amendes, et deux ont écopé de peines de prison ferme, dont une lourde sanction de lfin de cinq ans pour incitation au meurtre.
Vers un bannissement définitif des comptes des cyber-délinquants
La recrudescence constatée au cours des mois d’avril et mai a poussé les autorités à passer à la vitesse supérieure. Le Procureur Bazié a révélé que plus d’une cinquantaine d’individus font actuellement l’objet de recherches actives par les services de sécurité. Ils seront interpellés et jugés avec toute la rigueur qui sied. Pour casser définitivement la dynamique de ces semeurs de troubles, une nouvelle mesure radicale a été annoncée : en plus des poursuites judiciaires traditionnelles, les profils et les comptes des personnes incriminées seront désormais purement et simplement bannis et supprimés des plateformes.
Un appel pressant au civisme et au patriotisme
Le chef du parquet de Ouaga I a invité l’ensemble des citoyens à faire preuve de discernement, de responsabilité et de civisme sur la toile.
Éviter la diffusion de propos injurieux et s’abstenir de relayer des contenus non vérifiés constituent aujourd’hui des impératifs pour préserver la paix. Le Parquet réaffirme sa détermination absolue à appliquer la loi sans pitié pour que l’espace virtuel reste un lieu d’expression constructive au service de la stabilité de la patrie.

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