Le 21 mai 2026, en Conseil des ministres, le gouvernement a franchi un cap historique dans la gestion des ressources naturelles du pays. Face à la flambée historique des cours mondiaux de l’or, le Burkina Faso se dote enfin d’un bouclier financier et d’un levier de développement à long terme : le Fonds souverain minier d’investissements, baptisé « Siniyan-Sigui ».
Pour un pays dont le sous-sol regorge de métal jaune, l’absence d’un tel mécanisme relevait d’une anomalie économique. C’est le constat cash dressé par le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo : jusqu’ici, le Burkina Faso ne disposait d’aucun outil pour capitaliser durablement sur les superprofits miniers ou pour bâtir une réserve financière destinée aux générations futures. C’est désormais chose faite.
Capter la manne aurifère au-delà des espérances
Le principe de « Siniyan-Sigui » est simple mais stratégique. Alors que les recettes minières explosent, portées par une hausse massive des exportations et des cours mondiaux au plus haut, l’État va fixer un seuil de référence pour les prix de l’or. Tout l’argent gagné au-delà de ce seuil ne sera pas injecté dans les dépenses courantes, mais automatiquement reversé dans ce fonds, créé sous la forme d’un compte d’affectation spéciale. Ce changement majeur permet de transformer une richesse épuisable, à savoir l’or sous terre, en un capital financier permanent et autonome pour le pays.
Cap sur 2027 : Financer les infrastructures et l’industrie
Loin d’être une simple épargne dormante, ce fonds souverain est pensé comme un moteur de souveraineté financière. Le gouvernement a déjà tracé la feuille de route : les ressources accumulées serviront, dès 2027, à financer des investissements lourds et prioritaires.
Le premier grand axe concerne la souveraineté financière, afin de moins dépendre de l’aide extérieure ou des emprunts lourds pour financer le développement national. Le second objectif vise le désenclavement et l’énergie en finançant des infrastructures stratégiques comme les routes et les grands projets énergétiques. Enfin, le troisième pilier repose sur la transformation locale, l’idée étant d’investir massivement dans l’industrie pour que le Burkina ne soit plus seulement un exportateur de matières brutes, mais un transformateur de ses propres richesses.
En baptisant ce fonds « Siniyan-Sigui », une expression qui évoque l’épargne prévoyante et la préparation de l’avenir, les autorités affichent une volonté claire : faire en sorte que l’or du Burkina profite enfin, de manière concrète et durable, à tous les Burkinabè d’aujourd’hui et de demain. Un pari sur l’avenir dont les premiers résultats concrets seront scrutés de près dès 2027.

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